Santé

Les effets du télétravail sur la santé au quotidien

Le télétravail, ou travail à domicile, est de plus en plus répandu dans le monde du travail d’aujourd’hui. En fait, le nombre d’employés qui travaillent à distance a augmenté de près de 20 % depuis 2014. Et comme le télétravail continue de croître, les avantages de cette tendance le sont aussi.

Travailler depuis chez soi, c’est parfois redessiner les frontières entre sphère privée et professionnelle. Selon une étude menée à Stanford, les salariés bénéficiant du travail à distance dorment mieux et déclarent moins de tensions nerveuses que ceux condamnés chaque matin à la route et au ballet des feux rouges. La raison est limpide : moins de temps passé à slalomer dans la circulation, moins de migraines liées à la cohue, et surtout, la possibilité de refermer son ordinateur sans avoir à s’infliger encore une heure de trajet pour retrouver enfin son canapé. Pourtant, s’il paraît séduisant sur le papier, le travail à domicile ne tient pas toujours toutes ses promesses pour la santé. À moins d’imposer de nouveaux repères, il peut même révéler quelques chausse-trappes inattendues. Voici un tour d’horizon, sans fard, des conséquences du télétravail sur la santé : atouts et revers.

Le télétravail peut-il réduire le stress et l’anxiété ?

On vante les mérites du télétravail pour mettre de la distance avec le stress du bureau, mais la réalité est moins tranchée. Même dans les entreprises qui revendiquent un équilibre vie pro-vie perso exemplaire, la tension ne disparaît pas comme par magie une fois la porte du bureau fermée. Les salariés qui cumulent plus de 40 heures par semaine affichent des signes de stress, qu’ils soient présents physiquement ou non. Les recherches sur la relation entre télétravail et santé restent encore timides, mais depuis quelques années, un constat s’impose : le télétravail a son lot de symptômes bien à lui. Passer de longues heures sans croiser âme qui vive, couper brutalement le lien social, finit par peser lourd sur le mental.

Ce déficit d’échanges, employeurs et salariés doivent l’appréhender sérieusement. L’enjeu n’est pas seulement individuel : à terme, la performance de l’entreprise elle-même peut en pâtir. On imagine volontiers que le télétravail éteint le stress et l’anxiété, débarrassant l’employé des transports épuisants et des conflits de couloir. Mais il ne suffit pas d’éteindre les tensions classiques pour se libérer de toutes les pressions : la tâche reste à accomplir, le manque de communication peut installer un climat inédit, fait de silences pesants et de doutes. Un stress d’un autre genre, qui ne se mesure pas en décibels mais en solitude et en incertitude.

Le télétravail peut-il vous aider à perdre du poids ?

Dans un bureau traditionnel, s’accorder une parenthèse sportive relève parfois du parcours du combattant. Embouteillages, horaires rigides, fatigue du soir : difficile de s’y tenir. À domicile, le salarié a plus de latitude pour modeler sa journée, ce qui peut ouvrir la porte à davantage d’exercice physique. Certains profitent de cette flexibilité pour dérouler un tapis de yoga entre deux réunions, ou pour une séance de marche rapide avant le déjeuner.

Mais l’envers du décor existe aussi. Pour d’autres, la tentation de rester en pyjama toute la journée, de ne pas mettre le nez dehors, finit par grignoter petit à petit l’énergie. Le trajet domicile-bureau, qui constituait parfois le seul prétexte à bouger, disparaît. Résultat : le risque de s’alanguir s’installe, on repousse la séance de sport, et la balance finit par afficher quelques kilos de plus. Le travail depuis chez soi peut également encourager le grignotage, ou inciter à bâcler ses repas. Préparer un déjeuner sain demande plus de discipline qu’on ne l’imagine quand la cuisine n’est qu’à quelques mètres du poste de travail.

En somme, si le télétravail offre un terrain favorable à l’activité physique, il peut aussi anesthésier la motivation. Tout dépend de l’organisation que l’on s’impose, et des limites qu’on sait poser entre pauses productives et laisser-aller.

Le télétravail peut contribuer à la dépression et à la solitude.

Pour certains profils, le télétravail est une aubaine : autonomie, silence, capacité à se concentrer sans interruption. Pour d’autres, l’absence d’échanges directs avec collègues ou clients peut rapidement virer au piège. Si vous êtes de ceux qui carburent à l’énergie du collectif, un environnement isolé peut nuire à l’efficacité, surtout si le rythme de la journée se dilue dans des interruptions domestiques constantes. Travailler seul, c’est parfois devoir lutter contre une forme d’isolement insidieux.

En travaillant chez soi, l’interaction sociale se fait plus rare. Ce manque d’échanges pèse sur le moral, en particulier si vos interlocuteurs, eux, continuent de se retrouver chaque jour au bureau ou dans un espace de travail collaboratif. L’environnement domestique, même confortable, ne remplacera jamais tout à fait l’effervescence d’un open space ou la complicité autour de la machine à café. Sans repères ni horaires clairs, la frontière entre vie pro et vie perso se brouille, et la solitude s’installe. Ce climat peut favoriser l’apparition de troubles comme la dépression, surtout si le sentiment d’isolement se prolonge.

Le télétravail, c’est donc un équilibre fragile : moins de stress pour certains, davantage d’isolement pour d’autres, une organisation à réinventer pour que la santé ne passe pas au second plan. Les effets varient d’une personne à l’autre, mais une chose reste certaine : pour profiter des bénéfices du travail à distance sans tomber dans ses travers, il faut rester vigilant et inventer de nouveaux rituels. Le bureau s’est déplacé à la maison, mais la vigilance, elle, ne doit jamais déménager.