Deux morts et trois blessés après un grave accident sur un chantier SNCF
4h du matin. Deux vies fauchées, trois personnes blessées, et un chantier SNCF plongé dans la stupeur. Au petit matin, la nouvelle est tombée sans détour : un accident terrible, attribué à une défaillance du système de freinage sur l’un des engins présents sur place.
Un choc entre deux engins de chantier
L’enquête préliminaire a rapidement déterminé la séquence des faits : un engin de chantier a dévalé une pente, impossible à arrêter, et a violemment percuté un autre véhicule. Le choc a été tel que les secours, dépêchés sur place, n’ont pu que constater le décès immédiat d’un homme. Quelques minutes plus tard, le bilan s’alourdissait : un second ouvrier succombait à ses blessures. Sur le site, l’atmosphère était dense, chaque minute pesant un peu plus sur ceux qui tentaient de comprendre ce qui venait de se produire.
Voici une vidéo qui revient sur les circonstances de l’accident :
https://www.youtube.com/watch?v=A9YhOONVfog
Trois blessés ont été dénombrés, dont l’un dans un état critique, pris en charge en urgence et transféré à l’hôpital Purpan de Toulouse. Deux autres personnes, choquées, ont également été accompagnées par les équipes médicales. Parmi les victimes, on retrouve un salarié d’une entreprise toulousaine, âgé de 50 ans, une sous-traitante de la SNCF, qui connaissait bien le terrain.
Une interruption de la circulation des trains
Les ouvriers intervenaient sur les caténaires, postés sur un engin de manutention spécialement aménagé, posé à même les rails. Le chantier se déroulait sur la rampe de chargement durant la nuit, afin de limiter l’impact sur le trafic ferroviaire. Cela faisait déjà quinze jours que l’équipe était mobilisée pour remplacer 700 poteaux électriques le long de la voie.
Immédiatement après l’accident, les enquêteurs se sont rendus sur place. À 7h15, le sous-préfet des Hautes-Pyrénées était lui aussi présent. Conséquence directe : la circulation des trains a été stoppée entre Toulouse et Bayonne, et le trafic Ter suspendu entre Montréjeau et Tarbes. Le chantier s’est retrouvé au cœur des attentions, suspendu dans une attente tendue.
Le chantier de la Capvern : l’un des plus difficiles de la SNCF

Ce chantier s’inscrit dans la vaste opération de rénovation conduite par la SNCF sur l’axe Toulouse-Tarbes. Ici, la topographie n’épargne personne : la rampe de Capvern est l’une des plus redoutables de France, une pente qui met à l’épreuve les machines, les hommes et la rigueur des protocoles. Pour éviter d’impacter la circulation en journée, tout se joue la nuit, dans des conditions souvent éprouvantes.
Sur ce terrain difficile, la SNCF mise sur des moyens adaptés : exit les mastodontes de 3 000 tonnes, place à des engins plus légers de 800 tonnes, censés mieux répondre à la configuration du site. Le responsable présent sur les lieux a souligné le caractère exceptionnel d’un tel drame, rappelant que ce type d’accident demeure rare sur ce genre de chantier.
Les réactions de la SNCF et des autorités locales
Dans les heures qui ont suivi, la SNCF a tenu à adresser ses plus sincères condoléances aux proches des victimes et à exprimer son soutien aux blessés. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place pour accompagner les collègues et témoins du drame.
Les autorités locales se sont rendues sur le site pour évaluer la situation. Jean-Philippe Lemaire, maire de Capvern, s’est exprimé devant la presse, visiblement ému : « C’est une tragédie inimaginable. Nous sommes sous le choc. Toutes nos pensées vont aux victimes et à leurs familles. » Il a également assuré que les mesures nécessaires seraient prises pour renforcer la sécurité sur les prochains chantiers.
Le préfet des Hautes-Pyrénées, Brice Blondel, a réagi en affirmant : « Tous les moyens disponibles seront mobilisés pour établir les circonstances exactes de ce drame et éviter qu’il ne se reproduise. » Les enquêteurs poursuivent leur travail sur le terrain, alors qu’une enquête judiciaire est désormais ouverte pour faire toute la lumière sur cette nuit tragique.
Les mesures de sécurité sur les chantiers de la SNCF : état des lieux et perspectives d’amélioration
Ce drame ravive le débat sur la sécurité des chantiers ferroviaires. La SNCF a bâti au fil des années un ensemble de procédures strictes pour protéger ses équipes et limiter les dangers. Mais cet accident met en évidence les failles qui persistent malgré les protocoles, les formations et l’expérience terrain.
Les dispositifs en vigueur, tels que le port d’équipements de protection individuelle, la signalisation renforcée, ou encore la formation à la gestion des risques, constituent la base du dispositif de sécurité. Pourtant, la réalité du terrain rappelle qu’aucune consigne, aussi stricte soit-elle, ne met totalement à l’abri d’un dysfonctionnement ou d’une erreur humaine.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs appellent à un renforcement rapide des mesures existantes. Les syndicats dénoncent le retard des investissements dans certains secteurs jugés à risque, tandis que des associations plaident pour une modernisation accrue des équipements et la multiplication des sessions de formation.
La responsabilité est partagée : entreprises, salariés, sous-traitants, tous sont concernés. Mais sans un cadre réglementaire encore plus précis et une coordination sans faille entre chaque intervenant, il sera difficile d’éviter que des drames similaires ne surviennent à nouveau.
Sur la rampe de Capvern, la vie a brutalement changé de rythme. Là où l’on attendait le fracas des machines, c’est le silence qui domine, chargé du poids des questions et d’un sentiment d’urgence : celui de ne plus jamais revivre une telle tragédie.