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L’essentiel à connaître sur les détecteurs de fumée pour votre sécurité

Chaque année, ce sont des histoires ordinaires qui tournent au drame : un dîner qui s’attarde, une couverture trop près d’une flamme, et soudain l’alarme sonne, ou pire, ne sonne pas. Depuis le 9 mars, tout foyer doit compter au moins un détecteur de fumée, c’est la règle. Propriétaire ou locataire, résidence principale ou secondaire : personne n’est en dehors du cadre. La loi n° 2010-238 du 9 mars 2010 avance un objectif limpide : prévenir les incendies domestiques et réduire le nombre de victimes.

Dans les faits, le propriétaire doit prendre en charge l’achat de l’appareil sans distinction de type de logement. Si le logement est loué et occupé lors de l’entrée en vigueur de la loi, le propriétaire peut demander au locataire d’installer le détecteur, mais il devra, quoi qu’il en soit, régler la facture ou la rembourser. Pour une maison qui s’étire sur deux ou trois niveaux, chaque étage doit recevoir sa part de vigilance sous la forme d’un détecteur spécifique. Sur le papier, cette France équipée semble protégée. Mais il n’existe aucun contrôle systématique prévu par la loi, et côté assurances, l’absence d’appareil ne suffit pas à supprimer l’indemnisation en cas d’incendie.

Se protéger ne rime pas avec dépenses folles. Un modèle classique s’achète aux alentours de 20 euros. Ceux qui veulent aller plus loin choisiront un appareil combiné, destiné à repérer à la fois la fumée et le monoxyde de carbone, ce gaz que l’on ne voit ni ne sent mais qui s’invite chaque hiver dans l’actualité des drames domestiques. Se tourner vers ce type de dispositif double fonction, c’est ajouter une barrière supplémentaire entre soi et le danger. Certains détecteurs offrent une option « sourdine » pour baisser l’alarme, mais à quoi bon installer un avertisseur si ce n’est pour réveiller tout le monde, y compris à minuit ?

Pour placer ces détecteurs, il faut choisir avec stratégie et ne rien laisser au hasard. Installez-les en hauteur, à proximité des espaces de circulation, les couloirs desservant les chambres, par exemple. Il vaut mieux éviter de les placer dans la cuisine ou à côté d’une cheminée : vapeur et fumées fréquentes provoqueraient des alertes inutiles et lasseraient, à force, les habitants. Depuis le 5 février 2013, le règlement interdit d’installer ces dispositifs dans les parties communes des immeubles. La raison tombe sous le sens : si l’alarme résonne dans l’escalier, la panique peut pousser à quitter l’appartement en pleine propagation de fumées asphyxiantes.

Penser protection, c’est aussi miser sur l’humain. Installer un détecteur compte, sans remplacer pour autant la connaissance des bons gestes face au risque d’incendie. Miser sur la prévention ajoute un rempart réel, parce que la technologie a ses limites, là où l’attention et la formation font parfois toute la différence.

Un détecteur de fumée n’est pas qu’un appareil posé au plafond, c’est un choix. Celui d’imposer une pause au fil du hasard, et de faire retentir le bip qu’on espère ne jamais entendre, mais dont l’absence pourrait un jour coûter bien plus cher.