Radon : ce que les zones à risque changent pour les acquéreurs
Depuis le 1er juillet 2018, les vendeurs et bailleurs qui proposent des biens immobiliers dans des zones à potentiel radon significatif (c’est-à-dire dans les zones 3) sont tenus d’en informer les acquéreurs ou locataires. Ces derniers doivent être bien renseignés sur l’existence de ces risques. Si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a pris la peine de présenter une nouvelle cartographie des zones à potentiel radon en France, c’est bien pour aider le public et les travailleurs à bien se protéger.
Radon : obligation du propriétaire de renseigner sur le risque d’exposition
Invisible et sans odeur, le radon n’a rien d’anodin : il figure sur la liste des cancérogènes avérés de l’Organisation mondiale de la santé. Malgré l’existence de formations spécialisées pour apprendre à se protéger, nombre de personnes ignorent encore qu’elles vivent ou travaillent dans une zone exposée. C’est pour pallier cette méconnaissance qu’une réglementation a été instaurée. Les propriétaires sont aujourd’hui tenus d’informer précisément leurs locataires et acheteurs sur le risque de radon si le bien immobilier se trouve en zone à potentiel significatif.
Un arrêté interministériel, publié le 30 juin au Journal officiel, fixe désormais la cartographie officielle sur tout le territoire français, répartissant les communes en trois catégories. Voici comment se déclinent ces zones :
- La zone 1, où le potentiel radon est considéré comme faible. Ici, la vigilance reste minimale.
- La zone 2, également à faible potentiel mais où des caractéristiques géologiques locales peuvent favoriser la migration du gaz vers l’intérieur des habitations.
- La zone 3, celle qui retient toute l’attention, correspond aux secteurs à potentiel significatif, où le risque justifie une information renforcée et des mesures de prévention adaptées.

Tout ce qu’il faut savoir sur la cartographie du potentiel radon
L’Autorité de sûreté nucléaire a publié une cartographie actualisée des zones à potentiel radon : une photographie précise de l’exposition du pays. Le radon existe partout en France, mais sa concentration varie fortement d’un bâtiment à l’autre. Cette différence conditionne la nécessité, ou non, de suivre une formation radon pour adopter les bons réflexes de prévention. Dans certaines communes, on mesure à peine quelques becquerels par mètre cube. Ailleurs, les taux grimpent à plusieurs milliers. Ce constat impose aux propriétaires une double responsabilité : informer clairement les occupants, et, dans les zones 3, procéder à des mesures de l’activité du radon dans les logements. Même en zone 1 ou 2, si les résultats dépassent les 300 Bq/m3, il devient nécessaire d’agir et de surveiller de près l’évolution de la situation.
Face à cette réalité, l’information n’est plus une option. Mieux vaut prévenir que s’exposer sans le savoir : une simple transaction immobilière ne saurait occulter les enjeux sanitaires liés au radon. La transparence s’impose autant que la vigilance, pour que chaque futur occupant sache ce qui l’attend derrière la porte d’entrée.