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Un homme devant la justice après avoir frappé un voleur

Trois heures du matin, un bruit sec déchire la nuit. Un homme bondit hors de chez lui, surpris en flagrant délit de vigilance. Ce père de famille se retrouve face à trois silhouettes affairées autour de sa voiture. Deux prennent la fuite, le troisième se terre dans le coffre, un cric à la main. Quatre mois de prison avec sursis : c’est la sentence qui tombe, froide et administrative, du tribunal de Bar-le-Duc. Ce jeune père se retrouve jugé pour avoir frappé l’un des intrus, celui-là même qui n’a pas eu le temps de disparaître.

Coupable ou prévenu ?

Sur le banc des accusés, il y a ce père, mais aussi une histoire brouillée, tissée de peur et de colère. Il n’a pas choisi d’être là, dans la lumière crue de la salle d’audience. Pourtant, le voilà, interrogé comme prévenu, bien que la nuit en question, il ait été la cible d’une tentative de vol. Les faits, eux, n’ont rien de flou : réveillé par un bruit étrange, il sort et découvre trois hommes occupés à forcer sa voiture. Son avocat souligne qu’il a crié, cherchant à faire fuir les intrus. Deux s’évaporent dans l’obscurité. Le troisième, adolescent armé d’un cric, s’enferme précipitamment dans le coffre. L’épisode vire au face-à-face inattendu.

Des coups donnés pour se protéger

Confronté à la peur, le père ne recule pas. Il frappe, pour se défendre, pour reprendre le dessus. Mais tout s’arrête net lorsqu’il réalise l’âge du garçon : 15 ans seulement. Ce détail, qui change la perspective, l’arrête immédiatement. Sans hésiter, il compose le numéro de la gendarmerie. Le geste, brutal, l’envoie pourtant sur le banc des accusés.

L’adolescent, touché à la tête, doit être hospitalisé rapidement. De son côté, l’avocat pour un préjudice corporel insiste : les jeunes sortaient d’une soirée et cherchaient des cigarettes, rien de plus. L’un d’eux se retrouve violemment frappé. Les parents du garçon, eux, tiennent le père pour responsable, et la tension monte. Chacun campe sur ses positions.

Le procureur reconnaît que le prévenu voulait protéger son bien

Le procureur de la République prend la parole. Il ne nie pas la peur, ni même l’instinct de protection du père. Mais pour lui, la riposte dépasse la mesure. Protéger ses biens, oui, mais à quel prix ? L’équilibre entre défense et violence, voilà ce qui se joue dans ce dossier. Le procureur réclame cinq mois de prison avec sursis, assortis d’une indemnisation pour le jeune blessé.

L’avocat de la défense, lui, s’accroche à la légitime défense. Il demande la relaxe pour son client, persuadé que la loi doit entendre la peur et la panique d’un homme face à l’intrusion. Le verdict tombe : quatre mois de prison avec sursis. Le père repart, libre mais marqué, chacun restant avec sa propre version de la justice. Dans la nuit, parfois, la frontière entre victime et prévenu s’efface, et laisse place à des réponses qui ébranlent nos certitudes.