Acheter un mobil-home, un bon choix pour vos loisirs ?
J’espère que vous apprécierez bien vos vacances. Certains peuvent être en mobilhome. Si vous êtes dans un beau camping, vous avez certainement payé 1.200 €/semaine pour louer ces 35 m2 de contreplaqué . Un paragraphe du livre de Ludovic Matten (page 55) explique comment Jean-Pierre, un investisseur audacieux a acheté 5 mobil-homes en Savoie et les obtient… .22% de rentabilité nette ! J’ai donc demandé à Emmanuel le professionnel de la location saisonnière d’enquêter sur cette affaire juteuse… mais très décrit ! C’est à vous de jouer Emmanuel :Dans cet article, nous allons essayer de répondre à la question existentielle que tout investisseur se pose à l’arrivée des jours ensoleillés : investir dans une maison mobile, est-ce vraiment rentable ?
Invité au royaume de la location nue, au paradis du revenu passif, cette intrusion de location meublée, en plus saisonnière, au cœur du même Immeuble de rapport ne doit pas nous faire oublier, que quel que soit le moyen d’investissement, il est important de trouver des chaussures à son pied, de trouver un investissement qui correspond à ses valeurs, à ses principes.Investir dans une maison mobile est pour dire le moins décrit sur le net. La littérature est abondante et le sujet déchaîne les passions.En bref, un sujet sensible, à traiter avec une pince à épiler afin de ne pas déclencher la foudre de la discorde.
Avantages de l’achat d’une maison mobile
À première vue, acheter un mobil-home réserve quelques surprises agréables. On pense tout de suite au prix d’achat : avec 40 000 à 50 000 euros, il est possible d’accéder à un modèle haut de gamme, ce qui laisse rêveur face aux tarifs de l’immobilier classique. Certains avancent aussi la possibilité de récupérer 20% de TVA à l’achat, même si la réalité sur ce point reste sujette à discussion. Côté revenus, les semaines de location en haute saison peuvent grimper à plus de 1200 euros, même si, dans la plupart des cas, la barre des 700 euros paraît plus réaliste.
Les campings les mieux équipés ont de quoi séduire les vacanciers : piscines, restaurants, supérettes, tout y est pour profiter d’un séjour sans tracas. Et sur le papier, l’absence d’impôt foncier ou de taxe d’habitation ajoute un argument financier non négligeable.
Les inconvénients de la maison mobile
Mais à bien y regarder, la médaille a son revers. La location d’un mobil-home s’accompagne d’une série de contraintes qu’il vaut mieux connaître avant de signer. Voici un aperçu des principaux obstacles qu’on rencontre souvent :
- La période d’ouverture des campings est limitée, généralement d’avril à octobre. Autrement dit, la rentabilité ne s’étale que sur cinq à six mois, et chaque semaine non louée est définitivement perdue.
- La parcelle n’est pas acquise, mais louée, pour un montant annuel compris entre 3000 et 5000 euros. Le contrat est renouvelé chaque année et les hausses de loyer ne sont pas rares. Une fois le mobil-home installé, le déplacer vers un autre camping ou dans son jardin est souvent interdit.
- Les charges annexes s’ajoutent : eau, électricité, gaz, parfois même le Wi-Fi. La facture globale grimpe vite.
- Dans certains établissements, impossible de gérer soi-même la location. Il faut obligatoirement passer par le service de réservation du camping, qui prélève entre 30% et 50% du chiffre d’affaires. En contrepartie, ils prennent en charge la recherche de locataires, l’accueil, le ménage… mais à ce prix, la marge fond comme neige au soleil.
Il existe aussi des pratiques qui hérissent le poil de nombreux propriétaires. Par exemple :
- Obligation de changer de mobil-home tous les 7 ou 10 ans, avec des frais de connexion parfois à votre charge. L’ancien modèle doit être évacué, impossible de le conserver sur place.

Ce genre de règle laisse parfois un goût amer, surtout si l’on était attaché à son premier achat. Et ce n’est pas tout :
- Le choix du mobil-home est imposé parmi les constructeurs partenaires du camping, histoire de respecter une certaine harmonie visuelle.
- Certains campings exigent en début d’année la liste des personnes qui séjourneront sur la parcelle, sous peine de frais supplémentaires, ou limitent simplement le nombre d’occupants.
La durée de vie d’un mobil-home est affichée à 25 ans pour le résidentiel, mais pour la location, tablez plutôt sur 10 à 15 ans. Un gestionnaire de camping compare volontiers le mobil-home à une voiture : avec un entretien régulier, il peut tenir longtemps. Pourtant, même une vieille Citroën Visa dorée, bien entretenue, ne fait plus vraiment rêver les acheteurs d’aujourd’hui.

Quant à la récupération de la TVA, le débat fait rage. Le dispositif LMNP avec services para-hôteliers est complexe, et nombreux sont ceux qui donnent leur avis sans avoir vraiment creusé le sujet. Si le cœur vous en dit, libre à vous d’éclairer la discussion en commentaire, mais mieux vaut s’entourer de conseils sérieux plutôt que de foncer tête baissée. À noter également : l’achat par crédit immobilier classique est impossible, le mobil-home restant un bien mobile, non immobilier.
Alors devrions-nous investir dans une maison mobile ?
Le tableau peut sembler noirci, mais il existe des campings plus conciliants et des contrats parfois favorables aux propriétaires. Pourtant, parler d’investisseurs paraît exagéré : ici, on se rapproche davantage du statut de propriétaire-occupant.
J’avais commencé à réaliser quelques calculs pour simuler la rentabilité, mais l’incertitude sur les chiffres de départ rend l’exercice peu fiable. Au lieu de se perdre dans les projections, il vaut mieux changer de perspective. Si je me mets à la place d’un gestionnaire de camping, je sais que je ferai tout pour garder la main sur la rentabilité, quitte à limiter celle des propriétaires privés. Logique, après tout : chaque partie défend son terrain et son intérêt.
Les contrats sont là pour rappeler qui fixe les règles. Beaucoup se laissent tenter par l’idée de couvrir leurs frais en louant quelques semaines, mais pour un investisseur aguerri, la modicité du profit ne suffira pas.
Pour ma part, après avoir pesé les arguments, je préfère continuer à chercher un petit appartement dans une belle copropriété plutôt que de me lancer dans la quête du camping idéal.
Le mobil-home fascine autant qu’il divise, et ceux qui ont tenté l’expérience s’en souviennent longtemps. De votre côté, ce choix fait-il écho à vos envies de liberté ou à vos craintes de contraintes sans fin ? Le terrain reste ouvert, mais le chemin demande de sacrées chaussures.