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Anya Chalotra brille dans le rôle de la sorcière

( Attention : Ce post contient des spoilers pour les épisodes « The Witcher » 101-103.)

Sur Netflix, Anya Chalotra se glisse dans la peau de Yennefer de Vengerberg, une magicienne complexe dont la présence magnétique n’abandonne guère Geralt de Rivia (Henry Cavill) durant toute la première saison de « The Witcher ». Oubliez l’image lisse du sortilège, la racine de Yennefer, révélée dans les épisodes 2 et 3, choque par sa rudesse : la campagne pour origine, le sang elfique comme stigmate, la honte, les humiliations. Son corps souffre, sa dignité chancelle, et son beau-père la vend presque comme un objet à Tissaia alors qu’elle n’est qu’une adolescente.

La métamorphose imminente bouleverse son existence, mais Yennefer conserve une force brute, fidèle à ses blessures et à ses ambitions. Pour Anya Chalotra, ce fut se glisser dans deux personnages en un : celui, brisé, de l’avant, et celui, puissamment transformé, de l’après. Un passage de flambeau entre l’adolescente vulnérable et la femme redessinée par la douleur, avec, toujours en toile de fond, un récit qui manipule le temps et revient hanter ses personnages sur plusieurs décennies.

« C’est le plus grand écart de jeu que j’aie connu », témoigne Chalotra dans un entretien. Jouer une adolescente de quatorze ans dans la vingtaine, puis, soudain, prendre les traits d’une femme d’âge mûr, frappée par des décennies de vie, tout cela en quelques scènes. Avant la transformation, la prothèse dorsale et l’appareil dentaire lui faisaient baisser les yeux, la voix tremblait, le regard fuyait. Après, avec le corset, la silhouette et la posture changent du tout au tout, l’énergie se transforme, la puissance affleure à chaque geste.

La progression de Yennefer s’accélère dès lors que Tissaia prend en charge sa formation. Un mélange d’exigence, d’initiation à la magie et d’apprentissage du chaos. Mais tout n’est pas offert sans contrepartie : les sacrifices sont acceptés sans que le prix final soit pleinement compris. Ce n’est qu’au moment de la transformation que le coup de massue tombe, en accédant à la magie, Yennefer doit renoncer à porter la vie.

Impossible d’oublier cette scène frontalement douloureuse : le corps de Yennefer est remodelé dans la violence, la souffrance se lit jusque dans le cri qui perce lors de la métamorphose. Une renaissance spectaculaire, belle et terrible à la fois.

Chalotra n’en fait pas mystère : pour elle, le choix de Yennefer reste « brutal ». Cette décision radicale hante la magicienne durant toute la saison. Même une fois installée au poste de conseillère du roi d’Aedirn, place autrefois occupée par Fringilla, la réussite ne suffit jamais à effacer l’abdication intime.

Yennefer s’est engagée tête baissée dans la quête de puissance et de beauté, sans en deviner tous les effets secondaires. Reste, pour elle, le besoin viscéral de tenter, tout au long de son existence rallongée, de retrouver ce qu’on lui a arraché, la capacité de décider, enfin, de sa vie.

La saison 1 de « The Witcher » attend sur Netflix, prête à rappeler à chacun que toute magie réclame, un jour ou l’autre, sa dette.