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Ce qu’il faut savoir sur l’épouse de Mohamed 6

Au Maroc, l’ancienne princesse Lalla Salma a peut-être payé les frais de sa différence fondamentale avec la mère du roi Mohammed VI. Quelle est cette différence ? Déchiffrement.

Lalla Salma, née Bennani, s’est effacée du palais royal de Rabat. Ex-épouse du roi Mohammed VI, mère du prince Moulay El Hassan et de la princesse Lalla Khadija, elle a vu sa présence contestée par une vague de ressentiments. D’après plusieurs sources, ce sont ses anciennes belles-sœurs, Lalla Hasnaa et Lalla Meryem, qui auraient joué un rôle décisif dans son éloignement, attisant une forme de rivalité qui l’aurait poussée à s’effacer. L’équilibre du palais a vacillé face à sa singularité.

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Jamais auparavant le Maroc n’avait vu un divorce secouer la monarchie. Le 23ème souverain de la dynastie alaouite, Mohammed VI, a traversé ce bouleversement dans un contexte inédit. Avec Lalla Salma, le palais a accueilli une princesse qui, à rebours de la tradition, s’est impliquée dans la vie publique. Finis les rôles réservés, effacés derrière des voiles et la discrétion. Elle s’est imposée, active, visible, à l’opposé des figures féminines d’autrefois, absentes de la gestion du pouvoir.

Diplômée en ingénierie informatique de l’ENSIAS, Lalla Salma a incarné une nouvelle ère. Le cliché de la princesse recluse, dédiée uniquement aux enfants et à la tenue du foyer, a volé en éclats. La génération de Lalla Latifa, mère de Mohammed VI, semblait révolue : une femme restée à l’écart, silencieuse, sans prise sur les affaires du royaume. Lalla Salma, elle, a choisi d’agir, là où ses prédécesseures restaient à l’ombre.

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Lalla Salma a présidé l’Association pour la lutte contre le cancer (ALSC), multipliant les engagements. L’Espagne l’a élevée au rang de Grande Croix de l’Ordre d’Isabelle la Catholique en 2005. Deux ans plus tard, à seulement 29 ans, elle a été nommée Ambassadrice de bonne volonté auprès de l’Organisation mondiale de la santé. Première Dame visible, elle a incarné la modernité, participant à ouvrir la monarchie alaouite à la société marocaine et au monde, sous le regard des médias.

Mais ce souffle nouveau n’a pas plu à tous. Ce bouleversement des lignes, impulsé par Lalla Salma, a bousculé une hiérarchie longtemps figée. Le modèle féminin du palais, à l’image de Lalla Latifa, silencieuse, effacée,, semblait devoir rester la règle. Lalla Salma n’a pas respecté ce cadre. Et c’est probablement le prix de cette audace qu’elle a payé.

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