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Les métiers de la finance d’entreprise qui font la différence aujourd’hui

Un chiffre brut : 17 métiers, c’est la cartographie que dresse l’Apec pour ceux qui, aujourd’hui, font battre le pouls de la finance d’entreprise. Alors que les exigences en matière de contrôle, d’analyse et d’élaboration d’informations n’ont jamais été aussi fortes, le rôle des cadres financiers se réinvente à grande vitesse. Chacun de ces postes fait l’objet d’une fiche détaillée, enrichie par des témoignages de professionnels, précise Sylvie Delattre, responsable des études commerciales chez Apec. Pour y voir plus clair, ces 17 métiers sont rassemblés en cinq grandes familles, chacune jouant un rôle clé dans la chaîne de valeur financière.

1, Métiers de leadership

Dans cette catégorie, trois fonctions structurent la direction financière : directeur administratif et financier, directeur financier et responsable comptable. Le directeur administratif et financier veille à la cohérence et à la rigueur de la gestion administrative et financière de l’entreprise. Son champ d’action s’étend du pilotage des procédures à la coordination des équipes, toujours en lien avec la stratégie définie par la direction générale. À ses côtés, le directeur financier (rémunération : de 60 000 € à plus de 130 000 €, selon la taille de l’entreprise et les éventuelles primes sur résultats ou stock-options) orchestre la comptabilité, la gestion, la trésorerie, la fiscalité et la communication financière. Sa feuille de route : affûter la stratégie d’investissement, renforcer la politique budgétaire et porter la compétitivité au plus haut. Enfin, le responsable comptable, dont la rémunération oscille entre 55 000 € et 90 000 €, garantit la fiabilité des comptes, qu’ils soient sociaux ou consolidés, en s’assurant du respect des normes en vigueur. Il supervise les équipes comptables, souvent réparties dans différentes filiales.

2, Les professions de la finance

Venons-en à la galaxie des postes spécialisés : gestionnaire de crédit, responsable de la communication financière, trésorier, responsable des normes comptables, spécialiste de la fiscalité. Voici, plus en détail, les enjeux et perspectives de ces rôles :

  • Le gestionnaire de crédit (35 000 € à 65 000 € selon expérience) pilote la gestion du risque client. Son talent ? Limiter les impayés, sécuriser la trésorerie, et parfois, négocier avec fermeté en cas de défaut de paiement.
  • Le responsable de la communication financière (30 000 € à 80 000 €) gère avec finesse la relation avec les actionnaires, investisseurs, analystes, journalistes ou encore l’AMF. Il façonne l’image de l’entreprise auprès de la communauté financière et répond aux exigences de transparence.
  • Le trésorier (35 000 € à 100 000 €) veille à la liquidité quotidienne, anticipe les besoins de financement et optimise les placements. Un poste stratégique, surtout quand la conjoncture se tend.
  • Le responsable des normes comptables (65 000 € à 80 000 €, voire davantage selon expérience) assure la transposition et la formalisation des normes applicables à l’activité. Il forme les équipes, veille à la conformité et devient le référent lors des évolutions réglementaires.
  • Le spécialiste de la fiscalité (35 000 € à 100 000 €) s’assure que l’entreprise évolue dans un cadre légal optimal. Il pilote les optimisations fiscales, surveille la conformité et contribue à la création de valeur au sein de l’organisation.

3, Professions comptables

Au cœur du dispositif, deux métiers : comptable et consolidateur. Le comptable (35 000 € à 60 000 € selon expérience) produit, supervise et contrôle les états financiers, en veillant au respect des normes et à la fiabilité des données transmises aux partenaires extérieurs. Pour les groupes, le consolidateur (40 000 € à 70 000 €, voire plus dans les grandes structures) harmonise et présente les états financiers consolidés, mettant en perspective la réalité économique du groupe. Il ajuste, recalcule, et assure que chaque entité s’inscrit dans une logique cohérente avec les normes internationales.

4, Les professions du contrôle et de la gestion des risques

La maîtrise des risques et le contrôle de gestion sont devenus des pivots majeurs pour la performance des entreprises. Plusieurs métiers incarnent cette tendance :

  • Le responsable du contrôle de gestion (25 000 € à 80 000 € en fonction du niveau et de l’expérience) fournit à la direction les analyses économiques et financières nécessaires à la prise de décision. Il éclaire la stratégie, pilote les budgets et suit de près la rentabilité des activités.
  • L’auditeur interne (30 000 € à plus de 80 000 €) évalue les dispositifs de gestion des risques, de contrôle interne et d’organisation, à travers des missions systématiques et méthodiques. Il formule des recommandations concrètes pour améliorer l’efficacité des processus.
  • Le responsable de la gestion des risques (60 000 € à 100 000 € ou plus) définit et déploie la politique de maîtrise des risques, permettant à l’organisation d’oser tout en restant sous contrôle. Il analyse menaces et faiblesses, construit des plans de prévention et accompagne le changement en interne.

5, Les professions du conseil et de l’audit juridique

Dans ce dernier groupe, plusieurs fonctions accompagnent l’entreprise dans sa transformation, la sécurisation de ses comptes et la conformité réglementaire. On distingue notamment :

  • Le consultant en services transactionnels (36 000 € à 80 000 € selon expérience et part variable) intervient lors d’opérations d’acquisition ou de cession, menant des missions de due diligence comptable et financière pour le compte de sociétés ou de fonds d’investissement.
  • Le consultant fonctionnel finance (35 000 € à plus de 60 000 €) conseille et accompagne l’entreprise dans la mise en œuvre, la transformation ou l’optimisation de son système d’information financière. Il traduit les besoins métiers en solutions opérationnelles.
  • Le comptable (30 000 € à 80 000 € selon le niveau et le volume d’activité) assure la fiabilité des comptes, dans le respect des obligations comptables, sociales et fiscales. Il peut exercer en entreprise, en cabinet, ou comme indépendant.
  • L’auditeur (30 000 € à 60 000 €, voire davantage pour les associés) intervient sur mandat des actionnaires pour certifier les comptes annuels. Son indépendance, garantie par les pouvoirs publics, le place au service de l’intérêt général et de la sécurité financière collective.

Cheminer au sein de la finance d’entreprise aujourd’hui, c’est choisir un terrain mouvant, dense, où l’expertise technique croise la stratégie. Ces métiers, loin d’être statiques, dessinent de nouveaux équilibres, à la croisée de la performance, de l’éthique et de l’innovation. La prochaine génération de cadres financiers ne sera pas simplement gardienne des chiffres : elle inventera les règles du jeu.