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Les principaux risques RH auxquels font face les entreprises aujourd’hui

Aucune entreprise, si puissante soit-elle, ne traverse sa vie sans rencontrer la tempête des risques liés aux ressources humaines. Ces failles, parfois invisibles, peuvent briser la dynamique d’une équipe, entacher une réputation et ralentir la marche de la performance. Mettre à nu les points sensibles, repérer les signaux faibles, c’est déjà agir. Mais encore faut-il comprendre la nature exacte des risques qui guettent les organisations et savoir par où commencer l’analyse.

Comment définir un risque RH ?

Dans le jargon de l’entreprise, le risque RH désigne tout événement issu de la sphère humaine qui peut porter atteinte à la structure. Il ne s’agit pas d’une simple formalité administrative : la liste des situations à surveiller est longue. On pense à la difficulté de recruter des profils rares, au turnover qui épuise les équipes, à la politique de rémunération déconnectée des réalités, ou encore à une équipe dont les compétences stagnent dangereusement. Chacune de ces failles, enracinée dans la fonction RH, peut déstabiliser l’organisation.

Typologies de risque RH

En 2016, l’AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise) a mené l’enquête. Résultat : trois grandes familles de risques RH se démarquent, selon la direction de la gestion des risques du personnel : risques internes, périphériques et externes.

Risques internes

Les risques internes pèsent lourd : ils constituent plus de la moitié des menaces RH recensées. Leur spectre est large, ils englobent aussi bien les risques psychosociaux que les difficultés liées à la gestion anticipée des emplois et des compétences. Selon l’enquête, la répartition est la suivante :

  • 17 % concernent les postes clés, les transitions, la motivation des équipes.
  • 14 % relèvent du recrutement, de la formation, de la mobilité et de la gestion des qualifications.
  • 12 % touchent aux risques psychosociaux : stress, harcèlement, santé mentale, troubles musculo-squelettiques.

Risques périphériques

Viennent ensuite les risques périphériques, qui représentent 34 % de l’ensemble. Ils se divisent en plusieurs sous-catégories, dont voici le détail :

  • 14 % sont liés aux conditions de travail, à la sécurité et à la sûreté.
  • 13 % concernent les obligations réglementaires, l’environnement des affaires, la responsabilité sociétale (RSE).

Risques externes

Les risques externes, eux, pèsent 14 % du total :

  • 6 % sont liés à l’environnement social extérieur à l’entreprise.
  • 5 % touchent l’image et la réputation de la société.

Autre typologie des risques liés aux RH

Certains experts préfèrent une approche différente, en classant les risques selon deux axes : d’une part, la gestion des risques, de la réaction à la proactivité ; d’autre part, l’orientation des besoins, qui va des intérêts de l’entreprise à ceux de ses salariés. Cette double lecture aide à structurer la réflexion et à mieux cibler les actions à mener.

Pourquoi la gestion des risques RH doit-elle être prise au sérieux ?

Un chiffre ne trompe pas : plus de la moitié des difficultés RH prennent racine à l’intérieur même de l’entreprise. Impact sur le fonctionnement, la productivité, la dynamique collective… Pourtant, force est de constater que la gestion des risques RH reste trop souvent reléguée au second plan, surtout dans les services de gestion. D’après l’AMRAE, près d’une entreprise sur deux ne dispose pas d’indicateurs pour anticiper ces risques, et seules 20 % d’entre elles considèrent la gestion RH comme un levier de productivité et de croissance.

La réalité est là : les risques RH ne relèvent pas du scénario catastrophe. Ils sont quotidiens, concrets, et peuvent frapper fort. Dirigeants, responsables RH et managers ont donc tout intérêt à repérer les points de fragilité qui menacent aussi bien les salariés que l’entreprise. C’est même une responsabilité clé pour toute direction des ressources humaines.

Comment repérer les failles au sein de l’entreprise ?

Pour cerner les principaux foyers de vulnérabilité RH, quatre grands domaines méritent une vigilance accrue de la part des managers, de la DRH ou des responsables chargés de piloter la gestion des risques.

Le climat social de l’entreprise

L’ambiance générale, la qualité des relations entre les équipes et la direction, les zones de tension ou d’adhésion… Ce sont autant d’indicateurs à surveiller. Un climat social tendu se traduit vite par des mouvements de grève, des démissions en chaîne ou une rotation excessive des effectifs. Savoir prendre le pouls de l’organisation, anticiper les crispations, c’est donner toutes ses chances à la cohésion et à la performance collective.

Compétences et savoir-faire des collaborateurs

La gestion des compétences reste un défi permanent. Les difficultés à recruter, la perte de talents, la baisse de compétitivité : chaque défaillance menace la capacité d’innovation et d’adaptation de l’entreprise. D’où l’intérêt d’un diagnostic précis pour repérer les besoins, organiser la montée en compétences et préserver l’agilité des équipes.

Respect des droits et obligations juridiques et sociaux

Ignorer les exigences légales et sociales expose à des risques financiers majeurs. Il devient alors indispensable de se doter d’outils fiables pour suivre les obligations : gestion des déclarations sociales, suivi des absences, prévention des litiges. Un contrôle rigoureux limite les erreurs et les sanctions potentielles.

Risques psychosociaux

La prévention des risques psychosociaux s’impose aujourd’hui comme un pilier de la politique RH. Stress chronique, harcèlement, burn-out, conduites addictives… Ces réalités, longtemps sous-estimées, appellent des réponses concrètes. Impliquer l’ensemble des acteurs, sensibiliser et former, c’est armer l’entreprise pour préserver la santé et la sérénité au travail.

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Les lignes bougent, les risques RH évoluent, mais une certitude persiste : chaque entreprise joue sa stabilité, sa réputation et sa capacité à avancer sur ce terrain mouvant. La vigilance ne doit jamais faiblir, car derrière chaque politique RH, ce sont des trajectoires humaines, et parfois tout l’avenir d’une organisation, qui se dessinent.