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Les usines qui produisent la Toyota Auris dans le monde

On ne croise pas tous les jours une voiture japonaise qui s’affiche fièrement comme un produit européen. Pourtant, la Toyota Auris hybride a fait ce pari audacieux : débarquer au Japon en revendiquant ses origines britanniques, une stratégie qui fait grincer quelques dents et en séduit d’autres. L’objectif ? Séduire les amateurs locaux de modèles venus d’ailleurs, tout en lançant un clin d’œil appuyé à la Peugeot 308.

L’Auris : la compacte européenne selon Toyota

La Toyota Auris, parfois rebaptisée Corolla selon les marchés, en Australie, notamment, incarne la volonté de Toyota de s’imposer partout, avec une même silhouette, un même nom de famille, mais une personnalité qui s’adapte aux terrains. Véritable pièce maîtresse de la gamme mondiale du constructeur, l’Auris hybride n’avait jusqu’ici jamais pointé le bout de son capot au Japon. La raison ? Son positionnement la plaçait dangereusement près de la Prius, la star locale des compactes hybrides.

Mais le 17 avril, Toyota Japon bouscule ses habitudes et diffuse une vidéo où l’on découvre une Auris hybride « milanaise » traversant pas moins de 12 000 kilomètres de tunnels souterrains pour arriver jusqu’au pays du soleil levant :

https://youtu.be/RP7XKhZBLCU

La publicité est soignée, presque intrigante : où donc se cache ce passage secret entre l’Italie et le Japon ? On notera l’ironie du sort, le conducteur s’appelle M. Honda, mais laissons ce clin d’œil de côté.

Auris Hybrid face à Prius 4 : le match des hybrides

Proposée à 2 832 545 yens, soit près de 22 800 euros, cette Auris hybride venue tout droit d’Angleterre affiche un tarif qui la place nettement au-dessus de la Prius 4, assemblée au Japon. Pour situer : la dernière Prius s’écoule entre 19 600 et 25 000 euros sur le marché japonais, avec des finitions premium offrant un niveau de raffinement supérieur.

Un détail qui en dit long : la version japonaise de l’Auris Hybrid G Paquet arbore des sièges en simili cuir, dotés de surpiqûres spécifiques. Une exclusivité locale, de quoi flatter l’ego des conducteurs en quête d’originalité.

Côté moteur, l’écart se creuse encore. L’Auris affiche une consommation de 3,3 L/100 km, là où la Prius 4 descend à 2,7 L/100 km. L’Auris, équipée de la génération précédente du système hybride Toyota, accuse donc un léger retard sur le plan de l’efficacité.

L’Auris hybride : une réponse à la montée des Peugeot ?

L’Auris hybride n’a pas vraiment l’ombre d’une chance face à la Prius 4 sur le terrain des performances ou de la technologie. Mais est-ce là son véritable objectif ? En misant sur le label « Conçue en Europe » et un style résolument occidental, Toyota espère visiblement capturer l’attention d’un public jeune, avide de nouveauté et d’exotisme automobile.

Le phénomène n’est pas anodin : lors d’un séjour à Tokyo, la multiplication des modèles importés saute aux yeux. On croise aussi bien la Peugeot 208 que la 308, preuve que la marque française commence à se tailler une place sur l’archipel. Les chiffres confirment : Peugeot a écoulé 5 900 véhicules au Japon en 2015, et sur le premier trimestre 2016, les ventes ont bondi de 40,6 % par rapport à l’année précédente (source : 308 GTi Response JP test).

Cette progression fulgurante des françaises aurait-elle poussé Toyota à riposter en important sa compacte hybride d’Angleterre ? L’arrivée de l’Auris RS, version sportive dotée du moteur essence turbo 1.2T, laisse en tout cas penser à une volonté de rivaliser, tant que possible, avec la nouvelle 308 GTi.

Dans les allées de Tokyo, entre deux feux rouges, la bataille des compactes s’intensifie. Auris, Prius ou Peugeot, chacun avance ses pions, et les conducteurs japonais, eux, n’ont jamais eu autant de choix pour affirmer leur style sur l’asphalte.