Trouver le meilleur endroit pour acheter une cigarette électronique
Le président Donald Trump n’a pas attendu la fin de l’année pour apposer sa signature sur un texte aux conséquences immédiates : la vente de tabac sous toutes ses formes, y compris la cigarette électronique, est désormais interdite aux moins de 21 ans sur l’ensemble du territoire américain. Un passage en force, glissé dans un mastodonte budgétaire de 1 400 milliards de dollars, qui marque un tournant dans la lutte contre le tabagisme chez les jeunes.
Cette décision, appuyée en coulisses par un attelage inattendu de sénateurs républicains et démocrates, a surgi alors que le Congrès se concentrait sur l’évitement du shutdown. Plutôt qu’un débat ouvert, la disposition s’est installée discrètement dans le marbre budgétaire. Difficile de ne pas relever la pluralité des initiateurs : Mitch McConnell, Mitt Romney, Todd Young, mais aussi Richard Durbin, Tim Kaine et Brian Schatz, autant de figures venues de camps opposés mais prêtes à redéfinir les règles du jeu pour la jeunesse américaine.
États qui ont déjà relevé l’âge minimum
La barre fixée à 21 ans vient prolonger un mouvement déjà largement engagé à travers le pays. Beaucoup d’États américains n’ont pas attendu Washington pour hausser leur seuil de tolérance. Selon la Campagne pour les enfants sans tabac, 19 États refusaient déjà la vente de cigarettes ou de cigarettes électroniques aux moins de 21 ans : Arkansas, Californie, Connecticut, Delaware, Hawaii, Illinois, Maine, Maryland, Massachusetts, New Jersey, New York, Ohio, Oregon, Pennsylvanie, Texas, Utah, Vermont, Virginie et Washington. À cela s’ajoutent Washington DC et plusieurs centaines de villes qui avaient déjà anticipé le tour de vis.
Donald Trump n’a pas manqué d’afficher son soutien à cette évolution, multipliant les déclarations sur la nécessité de barrer la route au tabac pour les plus jeunes et promettant des annonces spectaculaires sur le front du vapotage à l’automne. Sous les projecteurs de la Maison-Blanche, il promettait : « Nous devons prendre soin de nos enfants. Nous allons fixer une limite d’âge à 21 ans, et la semaine prochaine, nous annoncerons quelque chose de très fort au sujet du vapotage. »
Juste avant, la Food and Drug Administration (FDA) s’affairait déjà à plancher sur des consignes musclées pour encadrer le commerce des cigarettes électroniques aromatisées. Dans les couloirs officiels, les rumeurs bruissaient au sujet d’un retrait pur et simple du marché de tous les produits de vape, sauf ceux au goût tabac.
Ce virage réglementaire n’arrive pas par hasard, alors que la santé des jeunes inquiète plus que jamais. Les années récentes ont vu grimper en flèche le vapotage chez les lycéens, à quoi s’ajoute la montée inexpliquée de cas de lésions pulmonaires et la séduction croissante exercée par les saveurs fruitées ou sucrées sur les adolescents. Face à ce constat, les associations de santé réclament de frapper un grand coup contre les arômes, accusés d’attirer une nouvelle génération vers la nicotine, pendant que l’industrie du vapotage met en avant le rôle de ses produits comme alternative moins nocive pour les fumeurs adultes. Les boutiques spécialisées, elles, craignent que l’étouffement des saveurs ne signe la fin de leur activité.
Dans ce contexte, la nouvelle règle fédérale s’impose comme la riposte à un phénomène qualifié, de plus en plus ouvertement, d’épidémie. En 2019, impossible d’ignorer la progression du vapotage chez les adolescents : des chiffres fédéraux issus de l’enquête « Monitoring the Future » dessinent un tableau limpide, un lycéen sur quatre en terminale, un sur cinq en seconde, près d’un collégien sur dix a consommé de la nicotine via le vapotage au cours du dernier mois.
Les défenseurs veulent plus de la Maison-Blanche pour enrayer le vapotage des jeunes
Certains acteurs du secteur saluent le vote, mais de nombreuses voix s’élèvent. Tony Abboud, responsable de la Vapor Technology Association, parle de « décision la plus marquante pour freiner l’accès des jeunes » mais invite à privilégier « des solutions réelles » qui aillent au-delà d’une simple interdiction des saveurs, afin de préserver les options pour les adultes en phase de sevrage.
À l’opposé, beaucoup d’associations de parents et de défenseurs de la santé jugent la mesure insuffisante. Pour Matthew Myers, président de la Campagne pour les enfants sans tabac, une marche a été franchie mais sans limite posée aux e-cigarettes aromatisées, la bataille n’est pas gagnée. Il insiste : les données l’affirment, les saveurs sont la porte d’entrée pour des milliers de jeunes, et tant que ces produits seront en libre circulation, les mineurs continueront à s’y tourner.
Ce nouveau cadre fédéral redistribue les cartes, mais laisse la question ouverte. D’un côté, les défenseurs d’un marché du vapotage encadré, arguant de la réduction des risques pour certains adultes ; de l’autre, ceux qui réclament une coupure nette avec le passé et l’arrêt pur et simple des arômes pour stopper la progression du phénomène chez les mineurs. Dans les villes américaines, la ligne de front n’a pas été bougée d’un cran. Le débat, vif, tenace, résume les contradictions d’un pays aux prises avec ses propres paradoxes : tenter de protéger la jeunesse sans sacrifier les outils de sortie pour les fumeurs. Le tabac, qu’on le brûle ou qu’on le vapote, continue de jeter son ombre sur l’avenir des adolescents américains.