Ce que représente vraiment 1 Go pour vos usages numériques
Oui, comme dans la vie de tous les jours, il existe des unités de mesure en informatique. Certains d’entre eux peuvent sembler assez faciles à comprendre. Si je vous parle de :
- mètres et kilomètres, (m et km)
- grammes, kilogrammes et tonnes (g, kg et t)
Pour illustrer, on croise au quotidien des mesures familières :
En informatique, tout commence par les kilos. D’abord, les ordinateurs manipulaient peu de données. Mais, à mesure que l’information s’est multipliée, de nouveaux termes se sont empilés : méga, giga, téra, puis peta, exa, zetta, yotta… La famille s’agrandit sans cesse, chaque fois avec ce « o » qui rappelle l’octet. Au final, on se retrouve face à une ribambelle de sigles, Ko, Mo, Go, To, Po, Eo, Zo, Yo, qui donnent vite le tournis à quiconque s’aventure dans l’univers des données.
Comment l’informatique compte-t-elle ?
La logique paraît simple, mais la réalité réserve ses surprises. Deux manières de compter cohabitent, et la distinction reste piégeuse.
Premier cas :
- Durant des décennies, les écoliers ont appris qu’un kilo-octet (Ko) équivaut à 1 024 octets, un mégaoctet (Mo) à 1 024 Ko, et cela se poursuit de façon identique pour les unités supérieures.
Deuxième cas :
- Autour de l’an 2000, la volonté de simplifier a mené une organisation internationale à fixer la barre à 1 000 octets pour le kilo-octet (Ko).
Deux courants, deux visions. Même l’informatique, habituellement très stricte, laisse ici place à un joyeux désordre. Finalement, la nouvelle règle ne s’est imposée que partiellement et l’ancienne idée perdure dans une multitude d’affichages ou logiciels.
Un exemple parlant : dans Windows 7, en affichant les propriétés d’un disque dur, le système donne la taille à la fois en Go et en octets. Le calcul paraît tout droit, pourtant les chiffres ne tombent pas rond.
Regardons de près ce que ces propriétés affichent. Avec 109 773 430 784 octets, on s’attendrait à 102 Go, mais si l’on applique la division par 1 000, le compte n’y est pas. En suivant l’ancienne école :
- 109 773 430 784 octets ÷ 1 024 = 107 200 616 Ko
- 107 200 616 Ko ÷ 1 024 = 104 688 Mo
- 104 688 Mo ÷ 1 024 = 102 Go
La conversion étape par étape donne :
Les unités historiques : le système binaire
Cette façon de compter est un héritage des tout débuts de l’informatique et reste présente sur de très nombreux outils. Voici à quoi ressemblent ces unités :
- 1 kilo-octet (1 Ko) = 1 024 octets
- 1 mégaoctet (1 Mo) = 1 024 Ko = 1 048 576 octets
- 1 gigaoctet (1 Go) = 1 024 Mo = 1 073 741 824 octets
- 1 téraoctet (1 To) = 1 024 Go = 1 099 511 627 776 octets
- 1 pétaoctet (1 Po) = 1 024 To = 1 125 899 906 842 624 octets
- 1 exaoctet (1 Eo) = 1 024 Po
- 1 zettaoctet (1 Zo) = 1 024 Eo
- 1 yottaoctet (1 Yo) = 1 024 Zo
Petite nuance d’écriture : seul « ko » s’écrit avec un « k » minuscule. À retenir : un octet reste un octet.
La version « décimale » : la nouvelle méthode
Pour rendre les calculs plus nets, une autre méthode a émergé. Cette fois, on procède ainsi :
- 1 kilo-octet (1 Ko) = 1 000 octets
- 1 mégaoctet (1 Mo) = 1 000 000 octets
- 1 gigaoctet (1 Go) = 1 000 000 000 octets
- etc.
- Sur le papier, tout paraît plus simple.
Pour éviter la confusion, une nomenclature spéciale a également vu le jour : le système des préfixes binaires, forgé tout exprès pour les ordinateurs. Les anciennes dénominations se transforment :
- 1 kibioctet (1 Kio) = 1 024 octets
- 1 mébioctet (1 Mio) = 1 024 Kio = 1 048 576 octets
- 1 gibioctet (1 Gio) = 1 024 Mio = 1 073 741 824 octets
- 1 tébioctet (1 Tio) = 1 024 Gio = 1 099 511 627 776 octets
- 1 pébioctet (1 Pio) = 1 024 Tio = 1 125 899 906 842 624 octets
- 1 exbioctet (1 Eio) = 1 024 Pio
- 1 zébioctet (1 Zio) = 1 024 Eio
- 1 yobioctet (1 Yio) = 1 024 Zio
Dans ce schéma, les nouveaux noms apparaissent ainsi :
Qu’en retenir ?
Pendant longtemps, pour un informaticien formé dans les années 1980 ou 1990, 1 Ko restera synonyme de 1 024 octets. Cette convention a la vie dure et subsiste dans bien des logiciels ou documents, alors que la nouvelle méthode s’impose à peine ailleurs. En pratique, on rencontre plusieurs situations :
- Si vous lisez 100 Mio, la référence binaire est assurée : 100 x 1 048 576 octets.
- Pour 100 Mo, difficile de trancher sans contexte, l’écart de calcul est réel et peut prêter à confusion.
Selon l’unité affichée, la signification peut varier :
Petit point pratique
Les fabricants de disques durs, de leur côté, misent sur la nouvelle façon de compter (1 000 octets par Ko) pour afficher la capacité de leurs produits, cela gonfle un peu les chiffres. Un disque « 10 Go » selon cette norme comporte 10 000 000 000 octets ; en ancienne version, il atteindrait 10 737 418 240 octets. Sur 20 Go, l’écart approche 6 %. Pour une même capacité affichée, la différence dépend de l’approche employée. Naviguer entre ces deux univers demande donc un brin d’attention, même pour ceux ayant l’habitude.
La prochaine fois, face à la foire aux sigles, Ko, Mo, Go, To, Po, Eo, Zo, Yo, le mystère s’estompera. Mais jusqu’où allongeront-ils cette liste ?