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Déclarer ses revenus booking : les étapes simples à suivre

Les particuliers misent de plus en plus sur la location de leur logement via Airbnb. Cette tendance, loin d’échapper au regard des services fiscaux, impose à chaque hébergeur de clarifier ses pratiques. Voici un état des lieux précis sur ce qu’il faut déclarer en cas de location Airbnb, accompagné de simulations concrètes pour anticiper votre impôt. Pour les plus aventureux, nous irons jusqu’aux risques encourus si vous faites l’impasse sur la déclaration de vos revenus locatifs. On commence par le dispositif classique, puis le mécanisme de la retenue à la source et ses conséquences.

Quel impôt vais-je payer pour le loyer perçu ?

Louer un bien meublé sur le sol français rime obligatoirement avec impôt et prélèvements sociaux. Ce principe s’applique à tous, même quand l’impôt sur le revenu ne frappe pas : en revanche, les cotisations sociales, elles, n’épargnent personne. Tout euro perçu via Leboncoin ou Airbnb doit figurer sur votre déclaration. Passer au travers est de plus en plus improbable puisque les plateformes de location sont désormais scrutées de près. Le fisc applique le cadre classique de la location meublée. Pour la grande majorité des particuliers qui ouvrent, le temps d’un séjour, leur bien sur Airbnb, le régime « micro-BIC » s’impose. Voyons comment il opère :

  • On démarre avec l’ensemble des loyers encaissés sur l’année, prenons l’exemple de 8 000 €.
  • Un abattement forfaitaire de 50 % s’applique : la base soumise à l’impôt tombe donc à 4 000 €.
  • Sur ce montant, comptez les prélèvements sociaux (17,2 %) et l’impôt sur le revenu, selon votre tranche (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %).

À quoi cela ressemble dans la réalité ? Un cas concret éclaire le mécanisme :

Cas pratique : M. Corrigetonimpot met son bien sur Airbnb en 2020, encaissant 8 000 €, avec une tranche marginale d’imposition de 30 %. Il cherche à anticiper ce qu’il devra reverser à l’administration.

  • Loyer taxable après abattement : 8 000 /2 = 4 000 €
  • Part d’impôt sur le revenu : 4 000 € x 30 % = 1 200 €
  • Prélèvements sociaux : 4 000 € x 17,2 % = 688 €

Lorsqu’il remplira la déclaration 2021 pour les revenus 2020, l’addition grimpera donc à 1 888 €. Les prélèvements sociaux impactent tous les profils, même ceux dont le revenu global reste discret.

Je loue ma résidence principale sur Airbnb, serai-je facturé moins de taxes ?

Louer en meublé déclenche le même régime fiscal, quel que soit le site utilisé. Cependant, un allègement existe si vous ouvrez une ou plusieurs chambres dans votre résidence principale : il s’applique uniquement si la somme des loyers restés sur l’année ne dépasse pas 760 €. L’article 35 bis du Code général des impôts pose cette limite. En dessous, pas d’impôt, rien à signaler. Mais passez 760 €, et toute la recette bascule dans le régime micro-BIC avec abattement de 50 %, prélèvements sociaux inclus.

Je loue très peu par Airbnb, puis-je être exonéré d’impôt sur le revenu en 2021 ?

Hormis la dérogation liée à la résidence principale évoquée précédemment, chaque loyer tiré d’une location meublée doit être déclaré. Toutefois, si le total annuel reste sous 305 €, vous ne paierez aucune taxe, que ce soit résidence principale ou non. La déclaration, elle, s’impose dans tous les cas. L’article 50-0 du CGI prévoit un abattement minimum de 305 €. En clair :

Exemple concret : M. Corrigetonimpot perçoit 200 € en 2020 grâce à une location meublée.

  • Recette locative : 200 €
  • Abattement de 50 % : 100 €
  • Abattement minimum retenu à 305 € : 200 € – 305 € = zéro euro taxable

Dès que vous encaissez plus de 305 €, la mécanique classique de l’impôt et des prélèvements sociaux reprend, mais le principe de la déclaration reste incontournable, même pour de faibles montants.

En 2021, dans quelle case dois-je déclarer les loyers sur la déclaration de revenus en ligne ?

Il faudra porter le montant brut de vos loyers dans la case 5ND (ou 5OD pour le conjoint). Inscrivez le chiffre total encaissé ; le fisc calculera et appliquera automatiquement l’abattement de 50 %. Même si la somme est inférieure à 305 €, mentionnez-la. Vous ne paierez rien, mais l’obligation de déclaration subsiste. Cette case se trouve sur la déclaration complémentaire (2042C).

Pour situer la rubrique sur le site des impôts, il faut cocher « revenus des locations meublées non professionnelles » lors de l’étape 3. Ce n’est pas automatique lors d’une première déclaration : soyez attentif à activer la case adéquate. Un guide vidéo officiel permet de suivre ce parcours étape par étape, pour ceux qui souhaitent s’y retrouver plus facilement.

Airbnb transmet-il des informations fiscales ?

Désormais, chaque année, Airbnb transmet les montants perçus à l’administration fiscale. Les contrôles sont donc facilités : il suffit que l’inspecteur croise les coups de fil de la plateforme et ce qui figure dans la case 5ND. Le délai pour que le fisc intervienne remonte à trois ans en arrière.

Je ne veux pas déclarer mes revenus Airbnb, que dois-je risquer ?

Les services fiscaux disposent de trois années pour rectifier le tir : l’année courante et les deux précédentes. Si vous ne déclarez rien, ils recalculent ce qui est dû et réclament la somme avec à la clé une majoration de 10 %, assortie d’intérêts de retard de 0,2 % chaque mois. Pour approfondir les stratégies de défense en cas de redressement, consultez les outils dédiés de gestion des contrôles fiscaux.

Mise en situation : M. Corrigetonimpot, taux marginal à 30 %, a encaissé 1 000 € via Airbnb sans rien reporter sur sa déclaration 2021. L’année suivante, l’administration le repère et recalcule :

  • Loyer imposable : 1 000 /2 = 500 €
  • Impôt sur le revenu : 500 € x 30 % = 150 €
  • Prélèvements sociaux : 500 € x 17,2 % = 86 €
  • Sous-total : 236 €
  • Intérêts de retard : 236 € x 0,2 % x 12 mois = 5,5 €
  • Majoration de 10 % : (236 € + 5,5 €) x 10 % = 24 €

L’ardoise grimpe alors à 265,5 €. Si aucune intervention du fisc n’arrive dans les trois ans, le propriétaire conserve ses gains, mais miser là-dessus tiendrait de la roulette russe.

Je lis que les règles changent si je loue beaucoup, est-ce le cas ?

Deux cadres fiscaux gouvernent la location meublée : le micro-BIC (abattement de 50 %) et le régime réel, qui autorise la déduction des charges véritablement supportées. Quand les recettes locatives annuelles franchissent 72 500 €, il faut basculer au régime réel, bien plus technique et rigide au quotidien. Ceux qui génèrent plus de 23 000 € de revenus par an doivent en principe cotiser comme loueur professionnel, sous statut spécifique. La loi de finances 2021 va jusqu’à prévoir un basculement automatique vers ce statut pour les bailleurs concernés ; des précisions réglementaires restent à venir. Des formations existent pour s’orienter face à ces seuils et obligations.

Autre tendance : dans bon nombre de grandes villes, des restrictions nouvelles encadrent la location type Airbnb. La fréquence et les montants déclarés peuvent pousser à requalifier le statut fiscal du bailleur. Dès que les revenus dépassent 23 000 €, s’intéresser sérieusement à la question du passage en professionnel devient incontournable. Pour des locations ponctuelles et des recettes modestes, renseignez soigneusement la case 5ND, et appuyez-vous sur des simulations pour écarter les mauvaises surprises d’un futur rattrapage.

Airbnb et la retenue à la source

Le prélèvement à la source ne change rien à la méthode de calcul détaillée plus haut. Il s’agit juste, pour le fisc, de ponctionner chaque mois un acompte directement sur votre compte, pour éviter le paiement en une seule fois. La régularisation s’opère ensuite lors de la déclaration annuelle, en fonction du montant réel déclaré.

Cas pratique : M. Corrigetonimpot doit régler 1 200 € d’impôt sur ses loyers Airbnb de 2019, déclarés en 2020. En 2021, le fisc prélèvera autour de 100 € par mois, calculés sur la base de la dernière déclaration. Au moment de la déclaration suivante, le compte est ajusté selon la réalité des chiffres déclarés.

Un tour de vis a été donné à la transparence fiscale sur la location meublée. La mécanique automatique, les croisements de données et la dématérialisation permanente installent désormais une règle du jeu claire : chaque euro généré par Airbnb, du studio saisonnier à l’appartement haut de gamme, laisse aujourd’hui une trace que l’administration sait parfaitement retrouver.