Pratique

Quelles solutions pour financer un bilan de compétences en 2021 ?

Déclarer ouvertement à son employeur qu’on souhaite faire un bilan de compétences : voilà une étape que beaucoup redoutent, à tort. La loi protège votre démarche et, surtout, plusieurs dispositifs peuvent vous permettre de financer ce moment clé de votre parcours.

Votre évaluation se déroule au sein de l’organisme accrédité de votre choix. Pour un salarié, aucune obligation d’en informer l’entreprise si le bilan a lieu en dehors des heures de travail. Si vous souhaitez l’effectuer sur votre temps de travail, il faut demander une autorisation : c’est à ce moment-là qu’une démarche officielle entre en jeu. L’entreprise peut aussi prendre en charge le coût du bilan, si le plan de développement des compétences le permet. À noter, les résultats obtenus lors du bilan demeurent confidentiels, aucun rapport automatique à l’employeur.

À l’heure actuelle, de nombreux actifs sollicitent leur compte personnel de formation (CPF) pour financer le bilan de compétences. Ce compte laisse une grande liberté : choix du prestataire, accompagnement sur mesure, perspective de changer de métier ou de prendre une nouvelle orientation. Chaque année travaillée alimente votre CPF ; le montant disponible s’actualise automatiquement selon le temps passé en activité. Cette enveloppe suit le salarié jusqu’à la retraite, prête à soutenir ses besoins de formation tout au long du parcours professionnel.

Que le financement passe par l’entreprise ou par votre CPF, c’est l’OPCO (opérateur de compétences) de votre employeur qui gère les démarches. Ce schéma simplifie l’accès et protège votre indépendance dans la décision. Par exemple, une assistante administrative en réflexion sur son avenir peut activer son CPF, sans même alerter sa hiérarchie, à condition de réaliser le bilan hors temps de travail.

Les règles évoluent pour les personnes en recherche d’emploi. On ne continue plus à alimenter son CPF, mais les droits accumulés précédemment restent utilisables. Si le solde s’avère insuffisant, Pôle emploi peut, sous conditions, compléter la prise en charge pour permettre la réalisation du bilan. L’outil s’avère souvent décisif pour opérer un rebond professionnel ou préparer une reconversion réfléchie.

Côté indépendants, la contribution à la formation professionnelle permet d’obtenir un appui financier, à condition de solliciter le Fonds d’assurance formation (FAF) dont chacun dépend. Les modalités, plafonds et critères sont clairement spécifiés par chaque fonds. Ainsi, de nombreux auto-entrepreneurs, artisans ou freelances saisissent cette chance pour faire le point, réajuster leur stratégie ou explorer un secteur voisin si leur activité l’impose.

Comment financer un bilan de compétences dans la fonction publique ?

Les agents publics disposent aussi de plusieurs pistes. Un fonctionnaire a la possibilité de demander un bilan lors de son entretien professionnel ou à l’occasion d’une mobilité. La demande doit partir au moins 60 jours avant la date prévue, mentionnant calendrier, durée (jusqu’à 24 heures) et choix du prestataire. L’administration dispose ensuite de 30 jours pour répondre.

Lorsque la prise en charge est acceptée, elle s’accompagne d’un accord signé entre l’agent, l’administration et l’organisme choisi. Il n’est pas rare, cependant, que l’administration autorise l’absence mais laisse le financement à la charge du salarié. Dans ce contexte, le CPF de l’agent public peut servir à couvrir la totalité ou une partie de la démarche.

Se pencher sur ses compétences, c’est s’accorder une parenthèse constructive pour relire son parcours et ajuster sa trajectoire. Certains choisissent l’appui d’organismes spécialisés, capables de bâtir un accompagnement adapté à la réalité du terrain. Pour beaucoup, ce passage donne un nouvel élan à leur carrière ou ouvre la voie à plus de choix sur leur avenir.

À condition de bien se renseigner sur les dispositifs disponibles et de faire les bons arbitrages, chacun peut transformer ce moment en levier pour dessiner la suite : le bilan de compétences n’est ni une pause ni un aboutissement, mais le coup d’envoi vers un changement préparé.