L’accès à l’eau potable et à l’assainissement en Afrique reste un défi
Pas besoin de statistiques exotiques pour saisir l’ampleur du défi : le manque d’eau potable et d’installations d’assainissement en Afrique fige le quotidien de millions de familles. Les infrastructures avancent, mais pas assez vite. Malgré la multiplication des initiatives, les obstacles s’accumulent et freinent la marche vers un accès universel à l’eau.
L’approvisionnement et l’assainissement en eau
Se laver les mains, boire sans craindre la maladie ou disposer de latrines sûres devrait aller de soi. Pourtant, sur le continent africain, franchir ces étapes reste, pour nombre de citoyens, un luxe difficile d’accès. L’ONU a inscrit la question parmi ses Objectifs du Millénaire pour le Développement, mais la réalité du terrain contraste avec le volontarisme affiché dans les discours.
Dans les zones rurales, les chiffres ne mentent pas : la majorité de la population se débrouille sans toilettes ni canalisations dignes de ce nom. Trois personnes sur cinq dans les campagnes vivent sans assainissement décent. Pour ces foyers, chaque jour est synonyme de vigilance et d’inquiétude : absence d’hygiène, contamination des puits, maladies qui surviennent alors qu’elles pourraient être évitées. Les plus jeunes paient le prix fort, les adultes aussi. On oublie trop souvent, sous le poids des statistiques, qu’il s’agit d’histoires de vie réelle, d’enfants forcés de s’absenter de l’école pour aller chercher de l’eau, de mères inquiètes devant la maigre qualité de ce qu’elles rapportent.
Il ne s’agit plus simplement d’améliorer le confort. On parle ici de santé publique, de dignité, et de survie. Tant que les acteurs au pouvoir s’en tiendront aux belles paroles sans transformer profondément la donne, rien ne changera. Seule une volonté claire, matérialisée par des investissements concrets et durables, ouvrira la voie à des progrès tangibles pour les populations.
Des problèmes liés au développement des villes
L’expansion urbaine change la donne mais n’efface pas les défis. Les villes africaines grossissent à une vitesse record et, avec elles, la pression sur les réseaux d’eau et les systèmes d’assainissement. Certes, la grande majorité des citadins, près de 90 %, accèdent à une eau considérée potable. Mais ce constat masque l’écart qui se creuse avec les zones rurales, où la corvée d’eau rythme toujours les journées, le plus souvent effectuée par des femmes qui parcourent plusieurs kilomètres, parfois dès l’aube, pour remplir quelques seaux.
Ce manque a des répercussions directes sur la santé. Les épidémies liées à une hygiène précaire, diarrhées, infections parasitaires et autres maladies évitables, frappent chaque année les mêmes victimes : les plus fragiles. Dans certains villages, un simple épisode de pluie fait déborder les maigres installations, contaminant les sources et mettant à mal tout espoir de stabilité sanitaire.
Sortir de cette impasse exige de dépasser la rhétorique et d’oser changer de méthode. Investir massivement dans la distribution d’eau et le traitement des eaux usées est désormais un passage obligé. La santé publique ne peut se satisfaire de demi-mesures, ni attendre la prochaine alerte pour réagir. Face à cette urgence, chaque jour perdu aggrave les inégalités. La soif ne prend jamais de vacances.