Pourquoi le CBD séduit de plus en plus de français
Interdit, puis toléré, puis surveillé de près : le CBD n’a pas suivi un parcours linéaire dans l’Hexagone. Aujourd’hui, il s’impose dans les vitrines, les discussions et les habitudes de consommation. Les magasins dédiés se multiplient, la législation évolue, et les Français affichent un appétit croissant pour ce dérivé du chanvre. Comment expliquer ce succès fulgurant ? Décryptage d’un phénomène qui bouscule autant les habitudes que les idées reçues.
Qu’est-ce que le CBD ?
En l’espace de quelques mois, le CBD a trouvé sa place dans le quotidien de nombreux Français. Que ce soit sur des plateformes en ligne telles que The Greenstore ou dans des boutiques physiques, il s’affiche sous différentes formes : huiles à intégrer dans la cuisine, soins pour la peau, infusions… Derrière ces produits, une même origine : le cannabidiol, extrait de la plante cannabis sativa.
Contrairement à son cousin le THC, responsable des effets planants de la marijuana, le CBD ne déclenche ni euphorie incontrôlée ni dépendance. Il demeure la deuxième molécule la plus présente dans le cannabis, mais sans le côté sulfureux qui alimente les clichés sur la plante.
Qu’en est-il de la commercialisation légale du CBD depuis fin 2021 ?
La législation a longtemps flotté, jusqu’à ce que la Cour de justice de l’Union européenne impose un cadre plus clair. Dès le 30 décembre 2021, un arrêté est venu préciser les règles entourant la culture, l’importation et la transformation du cannabis. L’objectif ? Protéger les consommateurs tout en poursuivant une politique ferme contre le trafic.
Cela n’empêche pas la filière de se structurer. Produire, transformer et vendre des extraits de cannabis, dès lors qu’ils respectent la réglementation, est désormais possible. Les entrepreneurs investissent ce marché en pleine mutation, cherchant à répondre à une demande qui ne faiblit pas.

Comment est réglementée la production de chanvre en France ?
Le secteur attire de nouveaux profils, mais les contraintes restent à l’ordre du jour. Plus de 500 exploitants cultivent actuellement du chanvre sur le territoire, un chiffre en hausse constante. Toutefois, chaque plante doit contenir moins de 0,3 % de THC pour rester dans les clous. Impossible également de vendre des plants ou du matériel de bouturage, et les fleurs ou feuilles brutes ne peuvent pas être proposées directement aux consommateurs.
Les autorités, douanes et brigade des stupéfiants en tête, ne baissent jamais la garde. Les contrôles sont nombreux, et la traque aux dérives s’intensifie. Les règles ne laissent que peu de place à l’improvisation, ce qui n’empêche pas le secteur de continuer à croître.
Comment est commercialisé le CBD dans les buralistes et les pharmacies ?
Le paysage urbain a changé : les magasins spécialisés en CBD apparaissent partout. Selon la Professional Cannabis Coalition, ils étaient 400 en novembre 2020. Un an plus tard, la France en comptait près de 2 000. À cela s’ajoute une distribution tentaculaire : environ 10 000 buralistes et plus de 1 500 pharmacies proposent aujourd’hui du CBD à la vente.
Pour beaucoup d’enseignes, la vente de CBD n’est plus une activité annexe mais un véritable pilier commercial. Le nombre de points de vente suit la cadence de la demande, dessinant un réseau dense et dynamique reliant producteurs, distributeurs et consommateurs.
Le succès du CBD en France ne peut se résumer à une seule cause. Il repose sur l’équilibre subtil entre la production nationale, la distribution innovante et une clientèle curieuse, avide de nouveaux usages. Plus ce cercle vertueux s’étend, plus l’attrait pour le CBD grandit. Un engrenage bien huilé, qui semble loin de ralentir.