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Un monde sous-marin à explorer pour les touristes à Budapest

On peut croiser des plongeurs en combinaison sous les rues de Budapest, à quelques dizaines de mètres sous la ville. Oui, faire de la plongée sous-marine dans la capitale hongroise, c’est bien plus qu’une rumeur locale : c’est un secret à ciel ouvert, niché dans les profondeurs de Kobanya, le 10e arrondissement. Là, un vaste réseau de galeries attend les curieux, loin des circuits touristiques classiques.

Une cave souterraine de 32 kilomètres

Ce labyrinthe souterrain est le fruit de centaines d’années d’exploitation. Remontons au Moyen Âge : déjà, la pierre calcaire extraite ici servait à bâtir les grandes constructions de Budapest. L’activité a perduré jusqu’à la fin du XIXe siècle, créant un réseau de caves qui s’étend sur 32 kilomètres, à près de 30 mètres sous le bitume de la capitale.

On venait ici pour la qualité du calcaire, matériau de choix pour ériger les monuments emblématiques de la ville. Plus tard, l’endroit est passé entre les mains d’Antal Dreher, industriel visionnaire, qui y a vu le parfait emplacement pour installer une brasserie.

La température constante des caves favorisait la maturation du malt, élément clé pour la bière. Pour faciliter l’activité, des accès pour camions ont été aménagés, et différents puits ont été forés. Ces puits offraient une eau d’une limpidité précieuse, utilisée pour la bière. Mais, comme tant d’autres sites industriels, la rentabilité a fini par s’effriter, et la mine a été laissée à l’abandon.

L’existence de 4 sites de plongée

Après la fermeture de la brasserie, les anciens puits ont été envahis par l’eau. Les parties les plus profondes se sont transformées en véritables bassins de plongée, aujourd’hui prisés par les adeptes de la plongée tek. Kobanya n’abrite pas moins de quatre sites distincts, chacun avec ses particularités et son public.

Le Puits du parc, par exemple, accueille les plongeurs débutants. L’endroit, partiellement ouvert, permet de profiter d’un apport d’air frais à la surface, ce qui rassure les novices. On y trouve des zones baignées de lumière, loin de la claustrophobie des galeries les plus profondes.

Les trois autres sites, eux, s’adressent à ceux qui ont déjà de l’expérience. Ici, tout est fermé, aucune échappée vers la surface. Les amateurs de sensations fortes y croisent le souvenir de la brasserie : certaines installations d’époque demeurent, accessibles seulement après une traversée d’environ 40 mètres depuis le Puits du parc. Ce passage, exigeant mais fascinant, relie passé industriel et aventure aquatique.

Descendre dans les carrières inondées de Kobanya, c’est s’offrir un voyage dans le temps, entre tunnels silencieux et vestiges d’un âge industriel. À Budapest, l’aventure ne se vit pas seulement à la surface : elle se glisse aussi sous la ville, là où l’eau a repris ses droits.