Faut-il vraiment se méfier des écrans solaires aujourd’hui ?
Les tubes de crème solaire ne disparaîtront pas de sitôt des sacs de plage, mais leur réputation, elle, vacille. Si ces produits nous protègent des coups de soleil et de la brûlure, ils laissent derrière eux un sillage bien moins reluisant dans nos écosystèmes. Le paradoxe saute aux yeux : ce qui préserve notre peau met en péril la vie marine, en particulier les coraux. Ce constat, appuyé par une récente étude américaine, cible un ingrédient en particulier : l’oxybenzone.
La crème solaire : quand la baignade dilue la protection
Dès que l’on plonge dans la mer, la crème solaire perd sa tenue. Elle se disperse dans l’eau, entraînant chaque année plus de 14 000 tonnes de résidus au large. Ce phénomène n’est pas sans conséquence : l’oxybenzone, accumulée dans les zones côtières touristiques, modifie l’ADN des coraux, les empêchant de se développer correctement. Chez les coraux adultes, ce composé favorise le blanchiment, un état critique qui les fragilise et menace leur survie.
Les dégâts les plus flagrants s’observent aux abords des plages très fréquentées. Plusieurs destinations n’ont pas hésité à bannir certains écrans solaires pour préserver leurs fonds marins. Ailleurs, des alternatives sans oxybenzone sont proposées aux visiteurs. Le problème, toutefois, ne concerne pas uniquement les océans. Ce filtre chimique se retrouve aussi dans les eaux usées, car les stations d’épuration ne le filtrent pas systématiquement. L’oxybenzone est même présent dans d’autres cosmétiques : rouge à lèvres, mascara, shampoing… Le cercle s’élargit, la vigilance s’impose.
L’oxybenzone : menace pour l’homme ?
La nocivité de l’oxybenzone pour les récifs coralliens est actée. Mais qu’en est-il pour notre santé ? Les soupçons existent : ce filtre UV pourrait agir comme perturbateur endocrinien, bien que les preuves formelles manquent encore. Face à ces incertitudes, l’Union Européenne a décidé de serrer la vis et limite désormais les concentrations autorisées dans les cosmétiques, une mesure relayée par Helioscience.
Pour les vacanciers, le dilemme persiste. L’intensité du soleil ne faiblit pas, impossible de faire l’impasse sur la protection solaire. Mais face aux enjeux environnementaux, de nouveaux produits voient le jour : les écrans solaires biodégradables gagnent du terrain sur les étals.
Des alternatives plus vertes s’imposent
Face à la demande croissante, de nombreuses marques proposent désormais des produits cosmétiques sans oxybenzone. Parmi eux, les crèmes solaires aux filtres minéraux remplacent les filtres chimiques classiques. Le dioxyde de titane ou d’oxyde de zinc prend ainsi le relais, bloquant efficacement les rayons UV tout en limitant l’impact sur la biodiversité marine.
Derrière ce virage, un constat s’impose : se protéger du soleil ne doit plus se faire au détriment du vivant. La prochaine fois que la main se tendra vers un tube de crème, peut-être sera-t-elle guidée par un choix plus responsable. Les récifs coralliens, eux, attendent leur répit.