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Comprendre le fonctionnement d’un warrant en bourse simplement

Un terme qui évoque d’abord la police et les tribunaux, mais qui, en bourse, ouvre la porte à un tout autre univers : le warrant. Oubliez les idées reçues, ici, il ne s’agit pas d’une convocation au commissariat, mais d’un outil financier à manier avec discernement. Vous vous sentez enfin plus à l’aise dans le monde de l’investissement ? C’est le moment de s’attaquer aux instruments dérivés. Aujourd’hui, place au warrant. Comment ça marche, et en quoi cela diffère-t-il d’une option classique ? MyLife vous propose un décryptage sans jargon.

Le warrant revêt l’allure d’un titre négociable offrant la possibilité d’acheter ou de vendre un actif sous-jacent, qu’il s’agisse d’une action, d’un indice, d’une obligation, d’une devise ou encore d’une matière première. Le terme « sous-jacent » recouvre une réalité large : cela peut aller d’une entreprise cotée à une sélection d’indices boursiers, voire une matière première échangée sur les marchés. Cet outil financier élargit le champ d’action des investisseurs et permet d’explorer des stratégies variées, bien au-delà des actions traditionnelles.

Mandat d’arrêt et option : liens de parenté, différences marquées

Warrants et options partagent le goût du pari sur l’avenir d’un actif, mais suivent chacun leur propre logique. Les deux instruments donnent accès à un droit, jamais à une obligation, d’acheter (call) ou de vendre (put) un actif à un prix fixé à l’avance, dans une période déterminée. Cela se fait contre paiement d’une prime. Miser sur un call revient à espérer une hausse du sous-jacent, tandis qu’opter pour un put revient à préparer la réplique à la baisse du titre.

Le calcul du rendement se résume à la différence entre le prix de vente et le prix d’achat du warrant. La prime, quant à elle, obéit à deux facteurs principaux : la valeur intrinsèque (l’écart entre le prix du sous-jacent et le prix d’exercice) et la valeur temps (l’attente que le marché bouge dans le bon sens avant l’échéance). À l’approche de l’échéance, la pression du temps s’accroît et la valeur temps s’amenuise un peu plus chaque jour.

Tout devient une question d’anticipation, de rythme, et de gestion du risque : le détenteur connaît dès le départ la mise engagée et peut calculer ses pertes comme ses gains potentiels sans mauvaise surprise.

Mandat et option : quelles différences concrètes ?

Derrière une logique globale commune, quelques différences nettes séparent le warrant de l’option. Tour d’horizon sous forme de tableau :

Option Warrant
Contrat financier standardisé. Titre négociable donnant droit d’accès à un actif.
Créé par une société de marché (organisme officiel). Émis par un établissement financier (banque ou courtier).
Nombre potentiellement illimité. Quantité émise fixée dès le départ et limitée.
Peut être vendu à découvert, même sans en détenir. Impossible de vendre un warrant que l’on ne possède pas réellement.
Négociable à l’unité. Transactions par lots, bien souvent (100, 1000…).

Avant de se lancer la tête la première, chaque investisseur doit peser les bénéfices espérés face aux risques bien spécifiques à ce type d’engagement. Le warrant n’est pas l’outil de ceux qui foncent les yeux fermés.

Warrants : que viennent-ils vraiment apporter ?

Quelques arguments favorisent le recours aux warrants chez certains investisseurs avisés :

  • Accès élargi aux marchés : Les warrants, qu’il s’agisse de call ou de put, permettent d’investir dans des secteurs variés (actions, indices, devises, matières premières), souvent avec un ticket d’entrée plus faible que sur le marché direct.
  • Effet de levier : Le warrant multiplie les mouvements du sous-jacent : une bonne anticipation peut aboutir à une performance bien supérieure à celle de l’actif lui-même.
  • Risque limité : Une mauvaise passe ? La perte maximale reste le montant investi, soit la prime, bien inférieure à la valeur totale du sous-jacent. Le risque est donc maîtrisé, comparé à l’achat direct d’une action ou d’un indice.
  • Outil de protection : En période de troubles sur les marchés, le warrant peut servir à se couvrir. Par exemple, un put sur un indice permet de compenser des pertes latentes en cas de baisse, sans pour autant vendre les titres détenus.

Les inconvénients et pièges des warrants

Derrière le potentiel affiché, il serait naïf d’ignorer les embûches. Voici ce qui guette l’investisseur non averti :

  • Effet de levier inversé : L’amplification fonctionne aussi à rebours. Si le marché part dans la mauvaise direction, la prime fond très vite, jusqu’à l’effacement de la mise.
  • Érosion liée au temps : Chaque jour qui passe réduit la valeur temps du warrant. Arrivé proche de l’échéance, le titre a souvent perdu la quasi-totalité de son prix initial, sauf gros mouvement du sous-jacent.
  • Sensibilité à la volatilité : Les variations soudaines de marché font flamber la prime, mais une période très stable peut, à l’inverse, rendre le warrant lourd à revendre ou y faire perdre de la valeur plus rapidement.

Warrants et avantages en entreprise : une autre facette

L’outil n’est pas réservé aux investisseurs chevronnés. Certains découvrent les warrants via leur employeur, dans le cadre d’un plan de rémunération différée. Les entreprises s’en servent souvent pour fidéliser leurs collaborateurs, en misant sur un cadre fiscal plus favorable qu’une prime classique, tant que certaines conditions sont observées.

Le fameux « plan de warrant » offre aux salariés la perspective de titres, avec une fiscalité encadrée. À Luxembourg, la circulaire du 29 novembre 2017 fixe les règles du jeu et balise la pratique.

Depuis janvier 2018, l’imposition sur la valeur des warrants attribués atteint 30 % (contre 17,5 % auparavant), sous réserve que le bénéficiaire réponde au statut de dirigeant au sens du droit du travail, que la valeur totale des warrants reste inférieure à 50 % de la rémunération brute annuelle et que le prix d’exercice ne dépasse pas 60 % de la valeur du sous-jacent. Hors de ce périmètre, c’est la valeur de marché du warrant qui sert de base fiscale.

Que l’on envisage d’investir ou de se voir attribuer ce type d’instrument par son entreprise, une démarche lucide s’impose. Le marché boursier n’accorde aucun passe-droit : observer, apprendre, et anticiper, voilà le jeu. Un « warrant » s’achète les yeux ouverts, ou pas du tout.