Reconnaître facilement les signes d’un compte clôturé
Un compte bancaire ne disparaît pas par magie : il peut être fermé par la banque, du jour au lendemain, sans explication, du moment que le préavis légal de deux mois est respecté. Cette possibilité, souvent méconnue, soulève une autre question : que faire lorsque la banque décide de fermer votre compte, et comment rebondir pour retrouver rapidement un accès bancaire ?
Compte bancaire fermé par la banque : dans quelles circonstances ?
Clôture avec préavis, sans justification
Les règles sont limpides : un client peut solder son compte à tout moment, sans devoir se justifier. La banque, de son côté, détient le même pouvoir. Elle peut décider de mettre fin à la relation, du moment qu’un préavis de deux mois est respecté. Impossible de contester ce choix, et l’annonce arrive, la plupart du temps, par courrier postal ou électronique : voilà pourquoi des coordonnées à jour sont la meilleure parade contre les notifications imprévues.
Les conditions générales du compte courant précisent ces modalités. Si la lettre recommanderée n’atterrit pas dans la bonne boîte à lettres, l’établissement n’en est pas responsable. À chaque client de surveiller ses canaux de contact ou de jeter un œil régulier à son espace personnel en ligne.
En cas de clôture, la banque restitue les éventuels frais réglés à l’avance au titulaire du compte.
Attention : devoir de justification n’existe que si vous aviez accédé à un compte via le droit au compte.
Il y a une dérogation notable : si la banque estime que le client a commis des actes considérés comme illégaux (fraude, faux documents, incidents à répétition), elle coupe les ponts sur-le-champ, sans attendre les deux mois. Une notification est quand même envoyée, mais la définition précise de ces manquements reste floue dans la plupart des contrats.
Compte bancaire fermé : que deviennent les fonds ?
Dès la fin du préavis, le compte est clos et les moyens de paiement (carte, chéquier) n’ont plus aucune raison d’exister. Tout doit être rendu ou détruit.
Voici ce qui arrive selon la situation financière au moment de la fermeture :
- Solde positif : la banque transfère rapidement le reste de vos avoirs, par virement ou par chèque si besoin.
- Solde négatif : obligation de remettre le compte à zéro. Un maintien du découvert peut amener des frais supplémentaires, voire des problèmes juridiques si des paiements restent non honorés.
Il est préférable de vérifier avant la clôture qu’aucune opération (prélèvement, virement, paiement ou chèque) ne soit restée en suspens. Sinon, le client s’expose à de nouveaux incidents. Point à savoir : pendant treize mois après la fermeture, la banque doit vous prévenir si une opération se présente.
Le cas particulier du compte inactif
Lorsque rien ne bouge sur le compte pendant un an, et que le titulaire ne donne pas signe de vie, l’établissement le classe inactif et prélève des frais annuels (jusqu’à 30 €). Après dix ans de silence, c’est la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) qui récupère les fonds, disponibles encore vingt ans via le site cyclade, permettant de repérer d’éventuels comptes oubliés.
Comment ouvrir un nouveau compte bancaire ?
Difficile de vivre sans compte pour recevoir un salaire ou régler un loyer. Dès lors que la banque ferme le compte, la priorité est d’en ouvrir un autre sans tarder. C’est aussi l’occasion de procéder à une comparaison honnête des offres et de choisir la structure la plus cohérente avec ses besoins.
Les étapes à suivre
1- Choisir son établissement bancaire
Le temps presse : avec deux mois de préavis, pas question d’attendre la dernière minute. Une banque en ligne peut faciliter les choses, avec des démarches rapides, l’absence de rendez-vous et une inscription 100% digitale.
2- Compléter le dossier d’adhésion
L’ouverture nécessite l’envoi des justificatifs classiques (pièce d’identité, justificatif de domicile). Après un contrôle d’usage, l’accès au compte et les moyens de paiement sont fournis.
3- Anticiper le transfert des opérations récurrentes
Récupérer ses prélèvements et virements sur le nouveau compte demande un minimum d’organisation. Il existe deux manières d’y parvenir :
- Communiquer soi-même son nouveau RIB à chaque créancier. Plus long, mais parfois plus fiable.
- Confier cette mission à la nouvelle banque, via le service de mobilité bancaire : la procédure est automatisée après la signature d’un mandat.
Et si un refus d’ouverture survient ?
Obtenir un nouveau compte n’a rien d’automatique, surtout en cas d’antécédents de fraudes ou d’incidents. Si plusieurs banques refusent de vous ouvrir un compte, demandez-leur une attestation de refus : rendez-vous alors à la Banque de France pour activer le droit au compte. Celle-ci désignera un établissement, qui devra alors vous ouvrir un compte avec services de base.
Si la seule issue est une alternative
La banque désignée n’offre pas toujours la stabilité recherchée, et rien n’empêche qu’un compte soit à nouveau confronté à une fermeture. Des solutions alternatives existent, dont le compte N26. Il reste accessible aux personnes en situation de fichage, fournit une carte MasterCard gratuite, mais sans possibilité de découvert ni chéquier. Il permet tout de même de disposer d’un socle pour gérer ses dépenses quotidiennes.
Découvert bancaire bloquant la clôture ?
L’approche de la fermeture achoppe parfois sur un détail : un solde négatif. Avant de franchir le pas, il est utile de s’informer concrètement sur le vrai cout d’un découvert bancaire afin de savoir comment régulariser cette situation rapidement.
Contracter un mini-crédit constitue alors une solution pour solder le compte dans des conditions acceptables, ce qui permet d’éviter la cascade de complications et d’entamer un nouveau départ bancaire sans entrave. Prendre ce virage, ce n’est jamais anodin. Mais lorsque les portes se ferment, il reste parfois des fenêtres sur l’autonomie. Chacun doit pouvoir retrouver la maîtrise de ses finances, qu’importe la trajectoire imposée.