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Bien choisir sa théière idéale pour préparer le thé vert

Impossible d’ignorer le fait : le café et moi, nous avons rompu. Fini les montagnes russes d’énergie, les maux de tête à répétition et cette sensation de courir dans le brouillard. J’ai aimé le café. Pour son goût robuste, le geste du matin, la petite secousse de caféine. Mais il a fini par me le faire payer : humeur en vrac, fatigue qui s’accroche, et des journées qui n’en finissent pas de tirer la langue. Depuis notre déménagement, la tentation était grande. J’ai replongé, et aussitôt, retour du mal de crâne quasi quotidien, des yeux qui piquent dès l’après-midi, de cette impression de ne jamais vraiment émerger. Le café, pour moi, c’est terminé, ou alors à petites doses, pour ne pas me perdre en route. Avant cette rechute, j’avais tenu trois ans sans y toucher. Trois années où je me suis senti revivre, loin de ce cycle épuisant.

Ce qui est curieux, c’est que le thé, lui, ne me fait aucun de ces effets. Même avec de la caféine, pas la moindre anicroche. Le café, même décaféiné, me laisse vaseux. Le thé, au contraire, me donne un vrai coup de fouet, sans les contreparties désagréables. Et quand on sait ce que la science ne cesse de répéter sur les vertus du thé, notamment du thé vert, il y a de quoi changer d’habitudes.

Ce que j’aimais dans le café, c’était aussi ce rituel du matin. Bonne nouvelle : le thé offre lui aussi son cérémonial. Bien sûr, glisser un sachet dans une tasse, rien de plus facile. Mais pour savourer un thé vert aux arômes profonds, rien ne vaut la théière. Prendre le temps, choisir son matériel, observer la couleur, sentir le parfum qui s’échappe… Ce sont ces détails qui font toute la différence. Et puis, entre nous, choisir une jolie théière, ça compte aussi, parfois, ça suffit à donner envie de se lancer.

Préparer le thé, ce n’est pas forcément instinctif pour tout le monde. Alors, autant partager ma manière de procéder pour une infusion de thé vert réussie, tout simplement.

1. Choisir le bon thé

Pour commencer, misez sur du thé vert en feuilles entières, pas en sachets. Mon favori du moment, c’est le Gunpowder Green, originaire d’une province chinoise réputée. Les feuilles roulées en petites perles protègent leurs arômes jusqu’à l’infusion. Quand l’eau chaude les touche, elles se déploient et libèrent tout leur potentiel. C’est étonnant de voir à quel point ces billes minuscules gonflent pendant l’infusion.

Je trouve mon Gunpowder dans le rayon vrac de mon magasin bio de quartier. Il est goûteux, riche en antioxydants, mais reste abordable. Bien sûr, il existe des thés verts d’exception comme le Sencha ou le Gyokuro, d’une finesse incomparable, mais à plus de 20 dollars les quelques onces, ils restent un plaisir rare chez nous.

2. Chauffer l’eau à la bonne température

Certains ne jurent que par la bouilloire électrique, et c’est vrai qu’elle a ses avantages. Mais chez moi, c’est la vieille bouilloire orange KitchenAid qui l’emporte. Elle trône fièrement sur la gazinière et, avec le plus gros brûleur, l’eau chauffe aussi vite que sur secteur. Ma théière accueille cinq tasses, pile la capacité de la bouilloire. Je la remplis, mets à chauffer, et dès que le sifflement se fait entendre, je coupe le feu. Pour le thé vert, attention : l’eau ne doit pas bouillir. Si vous avez déjà goûté un thé vert amer, c’est généralement à cause d’une eau trop chaude ou d’un temps d’infusion trop long. L’idéal, c’est autour de 80°C (175°F). En général, je laisse bouillir puis refroidir quelques minutes, ou j’essaie d’attraper la bouilloire juste avant l’ébullition.

3. Préparer la théière

Cette étape reste facultative, mais elle change vraiment la donne : préchauffer la théière. Versez-y quelques cuillères d’eau bouillante, faites tourner pour chauffer l’intérieur, puis videz-la. Cela maintient la chaleur, optimise la saveur et évite les résidus. Simple, rapide, et le résultat s’en ressent.

4. Doser le thé

La règle la plus répandue pour le thé vert en vrac : une cuillère à café de feuilles pour chaque tasse de 25 cl. Avec ma théière de cinq tasses, je mets donc cinq cuillères de thé. Adaptez selon le type ou la force recherchée, mais vérifiez pour votre variété spécifique. Les bonnes proportions font vraiment la différence.

5. Verser l’eau sur les feuilles

À ce stade, votre eau a dû atteindre la température idéale. Versez-la doucement sur les feuilles dans la théière. Si vous utilisez du Gunpowder, vous verrez les perles s’ouvrir, tournoyer, danser dans l’eau. C’est tout l’intérêt de la théière : les feuilles disposent de l’espace nécessaire pour s’exprimer, loin des sachets étriqués ou des infuseurs trop petits. La saveur qui en résulte est bien plus nuancée. Une fois la théière pleine, couvrez-la, restez à proximité, l’infusion est rapide.

6. Filtrer au bon moment

Le thé vert demande de la vigilance : laissez-le infuser entre 45 secondes et une minute. Pas plus, sinon l’amertume s’installe. Le temps de sortir les tasses et la passoire, c’est souvent pile ce qu’il faut. Les plus méticuleux utilisent une minuterie dédiée, il en existe même conçues spécialement pour le thé. Pour filtrer, j’utilise une petite passoire à thé, trouvée également au magasin bio, mais n’importe quelle passoire fine fera l’affaire.

7. Déguster

Voilà, votre thé vert est prêt. Parfois, je le bois nature, mais j’apprécie aussi d’ajouter une cuillère de miel local. Les dépôts au fond de la tasse ? Résidus du filtrage, cela ne me dérange pas, mais pour un thé limpide, passez-le à travers un filtre à café.

Chez nous, les tasses sont grandes et les restes rares. Mais si vous utilisez des mugs plus petits, il se peut que du thé reste dans la théière. Pour éviter une infusion trop longue, versez-le dans une carafe et gardez-le au frais. Chez nous, il finit souvent en thé glacé, mélangé à un peu d’agave, parfait après une séance de sport.

Bien sûr, cette méthode reste celle du quotidien. Je ne prétends pas être puriste. Il m’arrive de glisser un sachet dans mon sac, pour me préparer un thé dans une station-service grâce à un peu d’eau chaude, ou de boire un thé sur le pouce chez Starbucks. Mais quand j’ai le temps, préparer le thé à la théière reste l’un de mes petits plaisirs. Si vous n’avez jamais tenté l’expérience, ça vaut la peine de s’y attarder.

Bonne dégustation à ceux qui, comme moi, choisissent le thé pour la sérénité et la saveur.

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