Les étapes clés pour devenir concessionnaire automobile
Algérie, La récente décision annoncée à l’issue du Conseil des ministres tenu dimanche dernier sous la présidence de Tebboune, indiquant la réautorisation de l’importation de véhicules touristiques neufs, marque le grand retour des concessionnaires injustement marginalisés depuis 2014.
Confier l’importation et la vente de voitures neuves à ceux qui en maîtrisent les rouages : voilà le cap désormais fixé par la présidence. La mesure, tombée le 12 mai dans la presse nationale, signe le retour au premier plan de concessionnaires parfois riches de plusieurs dizaines d’années d’expérience. Il s’agit de restaurer une séparation nette entre deux mondes : l’industrie automobile d’un côté, la vente et les services de l’autre, deux métiers aux logiques bien distinctes, même portés par la même passion.
Le désordre issu des années Bouchouareb a laissé des traces, bien au-delà des comptes publics. Les automobilistes se sont retrouvés sans repères, peinant à s’y retrouver dans une offre chaotique, tandis que l’économie payait le prix d’expérimentations irréfléchies.
À force de promesses jamais concrétisées, la mécanique nationale n’a pas décollé. Le secteur automobile a perdu une expertise précieuse, fruit d’un long apprentissage collectif, sacrifiée sur l’autel d’un projet industriel bancal.
Le grand retour des concessionnaires automobiles
Acteurs centraux du métier, les concessionnaires historiques ont été écartés sans ménagement. D’un coup, le secteur a basculé dans la désorganisation, effaçant l’emploi de près de 100 000 personnes et ruinant le tissu professionnel qui s’était tissé autour de la distribution et du service.
Sur le terrain, les modèles assemblés localement se trouvaient à des tarifs hors de portée, sans bénéficier d’un vrai accompagnement après-vente. Les standards internationaux sont restés lettre morte. Pour l’acheteur algérien, le choix se résumait à peu, avec l’incertitude comme seule garantie.
Désormais, la page d’une aventure industrielle illusoire se tourne. En redonnant aux concessionnaires leur cœur de métier, le secteur reprend son souffle. Ce recentrage replace chaque intervenant à sa juste position et laisse entrevoir une stabilisation après des années d’improvisation.
Montage automobile : un nouveau tournant avec la loi de finances 2020
La loi de finances complémentaire 2020 trace de nouvelles lignes pour la manutention et l’intégration industrielle. Les dispositifs fiscaux et douaniers, autrefois favorables au montage, ne sont plus d’actualité, un changement largement relayé dans la presse ce mois de mai.
Le texte acte la fin des privilèges pour l’assemblage de voitures, d’appareils ménagers ou de mobiles : désormais, les droits de douane montent à 15 % et la TVA à 19 %, mettant un terme aux avantages qui régnaient dans les ateliers d’assemblage.
L’assemblage automobile n’est pas fermé, mais ses règles changent fondamentalement. Poursuivre l’activité implique de supporter 34 % de taxes au bénéfice du Trésor public. Une marge de manœuvre persiste tout de même : ceux qui s’engagent sur l’intégration locale pourront prétendre à une taxe réduite à 5 %, sous strictes conditions inscrites dans les cahiers des charges sectoriels.
Rien n’est figé. L’automobile algérienne se dessine à la croisée des chemins, entre le retour d’experts aguerris au sein des concessions et la nécessité pour les industriels de revoir leur copie sur le montage. Aujourd’hui, chaque choix pèsera sur le quotidien du conducteur et sur le paysage du marché. Reste à savoir qui, demain, imprimera sa marque sur ce nouveau chapitre.