FAC investit 67 millions pour améliorer l’internet rural à large bande

Quand la FCC pose 67 millions de dollars sur la table pour traquer les dernières poches d’ombre numérique dans la campagne américaine, tout le monde retient son souffle. D’un seul coup, 207 opérateurs locaux peuvent espérer raccorder celles et ceux que la fibre ou l’ADSL ont longtemps oubliés. Derrière cette annonce, une ambition : celle du Connect America Fund, programme fédéral visant à injecter des subventions là où la rentabilité ne fait rêver personne, mais où la demande d’accès reste, elle, bien vivante.
Encore faut-il jouer le jeu. Pour prétendre à ce financement, ces fournisseurs ruraux s’engagent à étendre leurs réseaux, pas à faire de la figuration. Une seule option : garantir au moins 25 Mbps en téléchargement et 3 Mbps en téléversement. D’après les projections, ce soutien financier pourrait transformer la donne pour 110 000 foyers, disséminés dans 43 états. Dans ces territoires, la promesse sonne comme le début d’une révolution annoncée depuis trop longtemps.
Sauf que derrière l’annonce, le chronomètre tourne. Les opérateurs, sommés de prendre position en moins d’un mois, n’ont que 30 jours pour accepter ce deal ou passer leur tour. Impossible de temporiser ou de tergiverser.
Ce chiffre, 67 millions,, replacé dans la perspective des précédents efforts, ressemble tout de même à une poignée de pièces. Il suffit de se souvenir de la phase II du Connect America Fund : à l’époque, l’État avait débloqué 1,5 milliard de dollars pour sortir plus de 700 000 foyers et entreprises de l’isolement numérique. Face à ce montant colossal, le geste du jour a le goût d’un signal plus que d’un grand saut.
Pour les habitants des régions reculées, la connexion Internet rapide se fait toujours attendre. Les lourdeurs et lenteurs du déploiement alimentent la frustration, tant chez les familles que chez les élus locaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur plus de 160 millions d’Américains encore coupés d’une connexion haut débit, 19 millions vivent dans des coins ruraux. À Ferry County, dans l’État de Washington, la situation est quasiment caricaturale : seuls deux pour cent de la population disposent d’un accès à la large bande. Un chiffre qui résume tout le retard rattrapé ailleurs, mais laissé en plan ici.
La fracture numérique n’est pas qu’une histoire de câblage. Selon les travaux de Microsoft, le chômage local agit comme un frein tout aussi puissant. Dans de nombreuses régions où le travail manque, la connexion reste hors de portée non pas à cause de l’absence d’infrastructure, mais parce que l’abonnement reste un luxe pour des familles déjà menacées par la précarité.
Certaines voix s’élèvent, à l’image de Jessica Rosenworcel, membre de la FCC, qui refuse de se contenter d’une lecture optimiste. Sur les réseaux, elle dénonce les discours satisfaits d’avance et rappelle qu’une foule de foyers, qu’ils vivent dans une grande ville ou au bout d’une route de terre, restent toujours déconnectés. Selon elle, la route vers une couverture vraiment universelle est loin d’être achevée.
Face à ce paysage nuancé, chaque mesure compte, mais la sensation d’une Amérique deux vitesses persiste. Pour les zones rurales, le vrai rendez-vous avec le haut débit reste à venir. Le déclic tarde, l’attente se prolonge.