Loisirs

Trottinette électrique tout terrain : ce que dit la loi sur l’assurance en 2026

Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France et 700 000 unités vendues en 2025, la micromobilité s’est solidement installée dans le quotidien des Français. Parallèlement, l’accidentologie progresse à une vitesse préoccupante : 45 morts en 2024, un chiffre qui a plus que quadruplé depuis 2019. Face à ce constat, la question de l’assurance n’est pas une formalité.

Une obligation légale que beaucoup ignorent encore

Depuis le décret du 23 octobre 2019, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance en responsabilité civile. La loi classe ces engins comme des véhicules terrestres à moteur, au même titre qu’un scooter. Rouler sans assurance expose à une amende pouvant atteindre 3 750 €, ainsi qu’à la confiscation de la trottinette.

L’assurance habitation ne remplace pas cette couverture obligatoire. Si elle intègre souvent une garantie RC vie privée, elle exclut généralement les dommages causés lors de l’utilisation d’un véhicule motorisé sur la voie publique. Seul un usage occasionnel par un mineur peut parfois bénéficier d’une couverture partielle, mais ce cas reste l’exception.

Pour les modèles tout terrain, dont les prix s’échelonnent fréquemment entre 800 et 2 000 €, la question de l’assurance trottinette électrique mérite d’autant plus d’attention. Ces engins affichent une valeur marchande élevée et un risque de chute statistiquement plus important sur terrain accidenté. Une simple RC peut donc s’avérer insuffisante.

Quelles garanties choisir et à quel prix ?

En 2026, une formule RC de base démarre autour de 3 à 5 euros par mois, soit environ 40 euros à l’année. Pour une couverture incluant le vol et les dommages, il faut compter entre 80 et 150 euros annuels, voire davantage selon la valeur déclarée de l’engin. Sur un modèle tout terrain à 1 500 euros, cette dépense supplémentaire est vite justifiée : le vol reste le premier motif d’indemnisation dans ce secteur.

Plusieurs assureurs proposent des offres dédiées à la micromobilité. Les tarifs varient sensiblement d’un contrat à l’autre, comparer plusieurs devis peut permettre d’économiser jusqu’à 40 % sur la prime annuelle.

Un cadre réglementaire qui évolue en 2026

Les règles de circulation restent stables pour l’heure : vitesse plafonnée à 25 km/h, âge minimum de 14 ans, interdiction sur les trottoirs, feux et réflecteurs obligatoires. Le casque n’est pas encore exigé au niveau national, mais la situation bouge. Une proposition de loi déposée le 9 juin 2026 à l’Assemblée nationale prévoit de le rendre obligatoire partout, avec gilet rétro-réfléchissant. Plusieurs territoires ont déjà anticipé ce durcissement : le Vaucluse impose le casque depuis le 1er juillet 2026, et des communes comme Nice ou Nîmes ont adopté leurs propres arrêtés.

S’équiper d’une trottinette tout terrain sans prévoir une couverture adaptée, c’est prendre un risque financier sur une machine souvent onéreuse, dans un contexte où la réglementation se resserre progressivement.