Santé

Assurance vie : le placement préféré des Français est aussi un outil de protection familiale

Avec 2 088 milliards d’euros d’encours fin 2025 et des cotisations en hausse de près de 11 % sur l’année, l’assurance vie reste le premier placement financier des Français. Mais au-delà des chiffres, ce produit remplit une fonction souvent sous-estimée : protéger ceux qu’on laisse derrière soi. Voici ce qu’il faut savoir pour en tirer le meilleur parti.

Un outil de transmission, pas seulement d’épargne

L’assurance vie fonctionne selon un principe simple : le souscripteur désigne un ou plusieurs bénéficiaires, qui percevront le capital à son décès, en dehors de la succession. Ce point change tout. Le capital transmis échappe en principe aux droits de succession, et chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros sur les sommes reçues, à condition que les primes aient été versées avant les 70 ans du souscripteur. Désigner deux bénéficiaires permet ainsi de transmettre plus de 300 000 euros sans impôts.

Après 70 ans, les règles changent : l’abattement global tombe à 30 500 euros, tous bénéficiaires confondus. Alimenter son contrat avant cet âge reste donc une priorité dans une logique de transmission. Sur ce point, le cadre fiscal est resté stable en 2025 et 2026 : un amendement envisageant de soumettre les capitaux au barème progressif des successions a été abandonné, et les abattements actuels sont maintenus.

Côté retraits du vivant, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule (9 200 euros pour un couple) après huit ans de détention. À retenir : seuls les gains sont imposés, jamais le capital versé.

La clause bénéficiaire, le détail qui fait tout

Une assurance vie bien souscrite mais mal rédigée peut perdre une grande partie de son intérêt. La clause bénéficiaire détermine qui recevra le capital. Si elle est trop vague, par exemple formulée comme « mes héritiers légaux », le capital risque d’être réintégré dans la succession, effaçant les avantages fiscaux. Il vaut mieux nommer précisément les bénéficiaires : conjoint, enfants, concubin, ou tout autre tiers.

Autre point à ne pas négliger : informer ses proches de l’existence du contrat. Fin 2024, près de 70 000 contrats figuraient comme à régler auprès de l’AGIRA, l’association qui centralise les recherches de contrats non réclamés. Ce service est gratuit et accessible à toute personne munie d’un acte de décès. En 2024, près de 90 % des saisines ont été effectuées dans l’année du décès, signe que la sensibilisation progresse, mais des contrats continuent de rester sans bénéficiaire connu faute d’une simple conversation en famille.

Un marché en expansion, des épargnants plus audacieux

La collecte nette a atteint 29,4 milliards d’euros sur l’année 2024, et février 2025 a enregistré son niveau historique le plus haut pour un mois de février, avec 5,8 milliards de collecte nette. Les supports en unités de compte progressent plus vite que les fonds euros (+14,4 % contre +8,8 % en 2025), signe que les épargnants acceptent désormais une part de risque pour chercher du rendement. Le PER assurantiel, complémentaire à l’assurance vie dans une stratégie patrimoniale, affiche lui aussi une collecte nette en hausse de 17 % en 2024.

Ces tendances confirment que l’assurance vie n’est plus perçue comme un simple placement défensif. 

Protéger ses proches ne demande pas d’être expert en fiscalité. Quelques décisions bien pensées, une clause bénéficiaire rédigée avec soin et un contrat alimenté avant 70 ans suffisent souvent à transmettre un capital dans les meilleures conditions. L’essentiel est d’anticiper plutôt que de subir.